Admettons donc qu'on enferme un bébé dès la naissance dans une pièce hermétique (on lui laisse quand même un canal d'aération ? non allez même pas poussons l'idée jusqu'à l'extrême en imaginant que la pièce est auto-aerée !) sans contact avec l'extérieur et qu'on le laisse grandir dans cette pièce (admettons donc aussi que la pièce est auto-alimentée en eau et en nourriture). Tu me demandes s'il penserait, assurément oui, à quel degré là n'est pas la question. Comment peut-on classer les pensées en degré ? Qu'est-ce qui fait que ma pensée est supérieure à la tienne en degré ? Rien, il y a juste différentes pensées, pas des pensées de différents degrés.
Pour allez plus loin, peut-on supposer qu'il n'aura aucun langage ? Certes il n'aura pas un langage aussi diversifié que le tien car toi tu as des objets qui t'entourent qui te permettent d'apprendre la langue en les nommant. Mais assurément il tentera de nommer le peu qui l'entoure... Sa main, son pied, sa jambe, son bras, le mur qui lui fait fac, le plafond qui le cloisonne, le sol sur lequel il se tien... Il nommera toutes ces choses, puis, ou avant de faire cela peu importe l'ordre, il nommera des sentiments, comme la douleur, la tristesse ou la joie qu'il peut ressentir lorsqu'il mange quelque chose de bon (puisqu'on suppose que la salle est auto-alimentée). Je me rappelle avoir entendue parler de deux jumelles, qui séquestrées je crois, ou peu importe la condition, s'étaient inventées un langage propre, bien qu'il soit seul lui, il fera donc de même comme je viens de l'expliquer.
Ensuite assurément il se posera une question, une question simple : "et au delà ?", car l'Homme comprend que les choses qui l'entourent délimitent des endroits mais il se demandera s'il n'existe rien au delà du mur qui lui fait face, d'où est-il originaire ? Existe-t-il d'autres personnes comme lui ? Vois-tu il est sûr qu'un tel individu pensera.
LastDawn a écrit:Je pense donc je suis. Si une chose ne pense pas, elle n'existe pas donc.
Ah bon ? Est-il dit "
je suis donc je pense" ou "
je pense donc je suis", l'un est la réciproque de l'autre, mais affirmer l'un, ce n'est pas affirmer l'autre. Une chose peut exister sans pour autant être. La caractéristique du rouleau de scotch c'est qu'il ne prononcera ni ne pensera jamais "je suis", dès lors il convient de définir "être". Je ne suis pas chrétien ni juif mais l'exemple se porte bien ici. Dans la Bible lorsque Moïse demande à Dieu comment il expliquera qui l'envoie, Dieu lui dit "
Je suis celui qui suis". Étrange comme locution n'est-ce pas ? Le double emploi de "suis" qui est très correct au niveau de la traduction a un sens interprétatif intéressant mais ça n'est pas ce qui nous intéresse, ce qui nous intéresse c'est de comprendre que lorsque Dieu dit cela à Moïse (qu'on y croit ou non), il ne lui dit pas qu'il est physique, il lui dit qu'il est au sens non pas existant physiquement mais existant en tant que substance pensante. Et une chose comme un rouleau de scotch EST au sens physique du terme, mais dans la locution "
je pense donc je suis" il ne s'agit pas du sens physique mais du sens substantiel pensant.
LastDawn a écrit:Sans âme nous sommes inexistant ? Faut il penser pour exister ?
César a vécu une cinquantaine d'année avant Jésus Christ, il était beau grand et fort, enfin pour son temps. Quoi qu'il en soit il était un génie militaire et un grand empereur. Tu te demandes : "mais qu'est-ce qu'il raconte ?" Eh bien voilà : César est mort, je parle de lui au passé, est-il pour autant inexistant ? Car en tant qu'il est mort il ne devrait plus penser ?
Tu réponds à ces deux questions par "Non", alors je ne sais pas si c'est bien à ces deux questions ou seulement à la deuxième mais soit. Pour toi qui est non croyant en l'âme, sans âme une personne existe, alors César existe encore, et tu devrais parler de lui au présent, ou alors il n'existe plus, et tu devrais parler de lui au passé mais cela contredirait ta thèse que même sans âme, on puisse exister. Ou alors penses-tu que l'âme existe et tu es capable de parler du César physique différemment du César spirituel, le César physique étant mort, je parle de lui et ses actions au passé mais le César spirituel (dans le cas où on suppose l'âme éternelle, ce qui n'est pas le but de notre réflexion) existe encore et donc je suis capable de parler de César au présent, même si on peut me prendre pour un fou.
Faut-il penser pour exister ? Nous avons dit plus haut que l'affirmation "
je pense donc je suis" n'engage pas sa réciproque donc non.
LastDawn a écrit:Si quelqu'un a accès à mes pensées est-il moi ? Non parce que moi je ne sais pas ce qu'il pense.
Intéressant, admettons que tu saches écrire depuis ta naissance et que moi aussi, que nous ayons le même âge es-tu d'accord ? Très bien eh bien depuis notre naissance jusqu'à notre mort supposons que nous mettions sur papier
TOUTES nos pensées, voilà un travail assurément difficile mais supposons-le ! Admettons qu'une fois morts, nous ayons la chance de revivre une seconde fois avec notre conscience passée mais que cette seconde fois nous passions notre temps à lire les pensées l'un de l'autre. Là j'accède à tes pensées, et tu accèdes aux miennes. Sommes-nous pour autant la même personne ? Non car j'aurais sur tes pensées un avis critique intimement lié aux miennes et de même pour toi sur les miennes.
LastDawn a écrit:Pour moi l'âme reste une idée réconfortante pour faire croire à l'Homme qu'il est unique.
En tant que substance dotée d'âme ? Personne n'a déclaré que l'âme est le propre de l'Homme, donc cette supposition n'est pas correcte.