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Que pensez-vous de Houellebecq ?

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Caligula
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Inscrit le: 14 Juin 2008
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MessagePosté le: Mer 02 Juil 2008, 19:03 Revenir en haut de page

Critique.
Vous pouvez nuancer voir contredire mes propos. C'est avec plaisir.

L’essentiel de son oeuvre reste d'un misérable peu égalé, et apprécié par tous les adolescents en mal de sensations fortes et de rébellion, principalement les Particules élémentaires : ce livre porte donc sur la vie sexuelle inexistante ou minable des deux protagonistes, occasion rêvée pour Houellebecq d'asséner tous les poncifs du beauf franchouillard dans la plus pure tradition du Café du commerce. En vrac et de manière non exhaustive : misogynie, machisme, xénophobie frisant le racisme, homophobie et misère sexuelle. Il y déverse son fiel balbutiant contre les femmes et le féminisme, les immigrés noirs (tous lubriques avec leur gros sexes) et Arabes (tous délinquants), et surtout mai 68, la racine du mal qui ronge l’Occident et le mène à sa perte d'après son analyse pertinente de la situation et de ses ressorts.
Histoire de corser le mélange nauséabond, ajoute à cela une profusion de scènes de sexe à peu près aussi palpitantes que si elles étaient décrites par Edouard Balladur, c'est dire.
Soit. C’est le droit le plus strict de chacun d’être un réactionnaire, et de penser que ce genre de livre est corrosif dans le bon sens du terme. D’estimer que la femme n’est qu’un vagin sur pattes, surmonté d’une bouche à pipes, qui n’est là que pour assurer le plaisir sexuel de l’homme, puisque Monoprix vend des plats tous cuisinés qui libèrent la femme des contingences domestiques (pensée dont je ne suis guère éloignée). Mais encore faut-il avoir du talent, y compris quand on est réac' et provocateur pour écrire ce genre de pamphlet des temps moderne, à l'odeur douceâtre, faisandée. Car on est avec lui bien loin des grands auteurs, et beaucoup plus proches du pire de la littérature de gare, façon SAS de Gérard de Villiers ou OSS 117 de Jean Bruce que de Louis-Ferdinand Céline et d’Arthur Schopenhauer, tandis qu'une génération de jeunesse l'encense en permanence. L’incroyable insipidité du style se conjugue chez ce que je n'ai pas de honte à appeler un crétin à merveille avec la vulgarité la plus sommaire. Sans parler de la lourdeur des personnages, à peu près aussi subtils que la majorité des membres de ce forum.

Ouais, j'viens de le lire il y a peu en me forçant, et ça m'est resté en travers de la gorge.
Senhal
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Inscrit le: 30 Juil 2007
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MessagePosté le: Mer 02 Juil 2008, 19:32 Revenir en haut de page

Mais quelle analyse subtile. J'ose espérer qu'avant d'écrire ceci, tu avais préalablement tiré au clair le problème de l'identification ou pas de l'auteur avec le personnage et ce que cela pouvait avoir de foutrement problématique. Je te conseille la lecture de La Littérature sans estomac, de Pierre Jourde. Il t'expliquera qu'il y a beaucoup d'auteurs considérés comme bons par le grand public et qui pourtant écrivent de la merde, mais il sait démontrer ce qu'il avance.

Citation:
Sans parler de la lourdeur des personnages, à peu près aussi subtils que la majorité des membres de ce forum.

Enchantée.
Caligula
Membre


Inscrit le: 14 Juin 2008
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MessagePosté le: Mer 02 Juil 2008, 19:44 Revenir en haut de page

De même.

Je lirai ton bouquin. Quand je serai lucide et sobre, je répondrai avec grâce et volupté.
Senhal
Membre


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MessagePosté le: Mer 02 Juil 2008, 19:57 Revenir en haut de page

Je ne pense pas grand chose de Houellebecq, cependant.
Caligula
Membre


Inscrit le: 14 Juin 2008
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MessagePosté le: Mer 02 Juil 2008, 20:04 Revenir en haut de page

Tristesse. Existence placide. Mais pas trop.
Senhal
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MessagePosté le: Mer 02 Juil 2008, 20:27 Revenir en haut de page

Banane en rondelles. Crème de marrons. Deux boules vanille. Une lampée de Cointreau. Mais pas trop.

Existence. En E aussi : érotisme. Pourquoi les scènes de cul chez cet auteur ne font pas plus d'effet qu'une scène de pyramide humaine à poil chez Sade ? Qu'est-ce qui est vraiment pornographique chez Houellebecq ? (et de toute façon, depuis quand la pornographie est-elle érotique ?)
Caligula
Membre


Inscrit le: 14 Juin 2008
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MessagePosté le: Mer 02 Juil 2008, 21:10 Revenir en haut de page

Comme dans la pornographie, le corps chez Houellebecq est un système de fonctions sexués disposées pour la jouissance. Donc seules les parties du corps concrètement nommées sont celles qui relèvent de l'évidence sexuelle. Aussi, comme dans la pornographie, la puissance sexuelle de ces femmes est surévaluée. La prostituée Thaï a ainsi un vagin merveilleusement élastique.
Je répondrai plus tard. Paraît que demain j'ai un concours, que je vais réviser ce soir.

Bonne soirée.
Senhal
Membre


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MessagePosté le: Ven 04 Juil 2008, 10:47 Revenir en haut de page

Si le pouvoir de jouissance de certaines parties du corps est mis en avant chez Houellebecq c'est pour un résultat au final en-dessous des espérances. Ce que je voulais faire dire en fait, c'est que "ce qui est vraiment pornographique chez Houellebecq", c'est à peu près tout (pas tout). Le cinéma/la vidéo pornographique est caractérisé par un éclairage cru et plat, lumière que H n'utilise pas que pour les scènes de cul.
Serenera
Membre


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MessagePosté le: Sam 12 Juil 2008, 16:22 Revenir en haut de page

Il est pas mauvais, ton petit texte critique.

Sur Houellebecq lui-même, je vais recopier un article :

Houellebecq, Michel

De Balzac à SAS

Je lis l'excellent livre de Pierre Jourde, La littérature sans estomac et, [...] je ressens comme lui la même difficulté à classer Houellebecq.

Indéniablement, c'est le meilleur écrivain de sa génération et je suis de ceux qui reçurent, à l'époque, l'auteur d'Extension du domaine de la lutte comme le digne successeur du Perec des choses, de la Conjuration des Imbéciles d'un John Kennedy Toole. De ceux qui lui trouvent aussi depuis quelque-chose de trop habile pour être honnête.

En y réfléchissant, je pense que l'ambigüité de Houellebecq tient au fait que les trois romans - qui composent jusqu'à présent son oeuvre - constituent non pas une, mais trois visions du monde, ou plutôt, le glissement insidieux d'une vision vers une autre.

Je m'explique.

Extension du domaine de la lutte était, par son titre même, explicitement marxiste : extension de la lutte du monde libéral, de la sauvagerie du marché au domaine du sentiment amoureux autrefois préservé par la ritualisation , l'encadrement de la société pré-libertaire, et augmentation, par cette déréglementation, de la solitude, de la frustration, des inégalités... donc de la misère sexuelle et humaine.

- Les particules élémentaires, roman ambitieux dont la structure était ouvertement reprise d'Illusions perdues de Balzac, poursuivait d'abord en l'approfondissant cet amer constat réaliste, pour bifurquer soudain vers un positivisme comtien à la limite de la science-fiction. Résultat : plutôt que de conclure à la nécessaire condamnation d'une dérive libérale récupérant, embrigadant et détruisant peu à eu l'amour, Houellebecq se tournait curieusement vers la solution scientiste d'abolir le sexe, de mutiler le corps plutôt que de toucher au politique.

-Plateforme, enfin, tout aussi brillant mais bâclé, plus proche de SAS par ses scènes de cul récurrentes et mal senties que de Balzac, consacrait un Houellebecq devenu star... et carrément libéral-libertaire.

Lui, dont le succès mérité ventait de sa critique très fine du libre-échangisme et de ses ravages sur les sentiments, était passé, après la pirouette positiviste, à l'apologie de l'échangisme !

Un subtil retournement qui lui permet de stigmatiser la femme - plutôt que le système qui l'a produite - comme responsable de la faillite amoureuse de l'Occident. Cette executiv woman affairiste et glaciale qui oblige désormais le petit cadre qui a besoin d'être aimé à se réfugier dans le tourisme sexuel.

habile tour de passe-passe qu'on peut qualifier de clientélisme chez un Houellebecq ayant renoncé à être la conscience du petit blanc pour en devenir la bonne conscience, la caution morale, le miroir narcissique.

Finalement [...] Houellebecq incarne cette tradition très française du talent dévoyé. L'histoire très sartrienne du vilain petit clerc intelligent, mu par le sexe, qui rame énormément pour monter puis qui vit dans la hantise de redescendre.

A. Soral, in "Socrate à Saint-Tropez", éd. Blanche, 2005

(et j'oubliai : Houellebecq a écrit un excellent essai sur Lovecraft, intitulé Contre le monde, contre la vie.)
Serenera
Membre


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MessagePosté le: Dim 31 Aoû 2008, 4:59 Revenir en haut de page

Rester vivant

Sorte de manifeste pour jeune écrivain déprimé. Mode d'emploi pour les aider à survivre. Brillant. Vendu à deux euros.
Caligula
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MessagePosté le: Mer 03 Sep 2008, 21:18 Revenir en haut de page

Aja.
Bien.
Merci.
Dell
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MessagePosté le: Mer 03 Sep 2008, 21:46 Revenir en haut de page

Houellebecq.
Hahaha.
On parie que sa mère écrit mieux que lui? (Et ne nous sert pas des phrases "chocs" qui font fremir la menagere pour se la jouer marginal)
Serenera
Membre


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MessagePosté le: Jeu 04 Sep 2008, 4:42 Revenir en haut de page

Ecris mieux et on verra Wink
marmotteenalaska
Membre


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Messages: 193

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MessagePosté le: Jeu 04 Sep 2008, 7:30 Revenir en haut de page

J'avoue détester profondément son style...
Dell
Membre


Inscrit le: 21 Aoû 2008
Messages: 425

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MessagePosté le: Jeu 04 Sep 2008, 12:53 Revenir en haut de page

Citation:
Ecris mieux et on verra Wink


C'est bizarre, ça sonne comme "Tu joues de quel instrument pour dire ça?", l'attaque fallacieuse qu'on trouve hélas un peu partout sur les forums musicaux, dès qu'on critique un groupe.
Wulfila
Membre


Inscrit le: 02 Mai 2008
Messages: 501

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MessagePosté le: Jeu 04 Sep 2008, 13:33 Revenir en haut de page

Le type m'exaspère, ses sujets ne m'enthousiasment pas donc je ne l'ai jamais lu.

Sinon, personellement j'estime qu'il faut du talent pour accrocher les lecteurs et arriver à faire plus de 100 romans sur un sujet de base.

Ce n'est pas parce que l'on écrit des romans populaires que le talent est dispensable.
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