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hylyirio
Membre

Inscrit le: 14 Juil 2007
Messages: 50
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Posté le:
Sam 14 Juil 2007, 17:37 |
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La terre et son enfant…
Chaque matin, en m’éveillant, je soupire, je pleure,
Mes plaies me tenaillent, elles ne cicatrisent jamais
Fatiguée, vieille, usée, ce n’est toujours pas mon heure,
A nouveau, mon amertume atteint des sommets.
D’une demi-vie précipitamment consommée
Il m’arrive encore trop d’exploser de colère
Paralysée d’avoir peur au point d’en trembler,
De me tordre de convulsions, et de manquer d’air.
Une fois de plus, l’aube me réveille et m’enlace,
Je sens son soupire sur ma nuque et sa rosée
Sur ma chair. Ma mélancolie jamais ne passe
Le calvaire qui me ronge, c’est la réalité.
L’impression étourdissante de n’avoir vécu
Qu’apparences, reflets : de mon existence l’écrin
Parfois mon sol frissonne et gémit, aperçu
De sa démence, de sa furie, de son chagrin.
Mes poumons se resserrent, et je frôle l’asphyxie,
Chaque jour est un peu plus chaud, mon sang est pollué
Je suis à fleur de peau, et ma croûte est meurtrie
Depuis bien longtemps déjà, je suis essoufflée.
J’ai joui d’une délicieuse jeunesse en harmonie
Avec mes occupants, je me suis fortifiée,
J’ai connu de la maternité l’euphorie,
Comblée et sereine, j’ai appris le mot « aimer »
J’entends les maux de mon temps, mais que puis-je faire ?
Moi, petite, face à notre démence, nos excès ?
Nous amputons nos forêts, empoisonnons notre air
Nous creusons nos terres… infâme et actuel portrait !
Mon enfance fut belle et balancée d’insouciance
Faite de ce bonheur candide, mêlé de magie,
Dont le vernis s’écaille car grandit la conscience
Période dont sans relâche, le vestige nous ravit.
Je ne suis qu’une sphère dans cet univers obscure
Non pas seule, mais tellement perdue, isolée,
Suis-je unique ? Comment un jour pourrais-je en être sûre ?
Par chance, mon ciel à moi est toujours étoilé.
J’admire ce luxe, cette beauté bercée par la lune
Mes nuits sont mêlées d’éclat et pourtant m’angoissent
Si bien que je me retourne sans cesse… infortune,
M’empêchant de trouver le sommeil… quel supplice !
Ne suis-je point négligeable, moi qui suis l’éclipsée ?
Comme beaucoup d’autres assoiffés, les questions m’assaillent
J’interroge chaque soir notre secrète voie lactée
Car du repos, je n’ai connu les retrouvailles.
De cette création sommes-nous les seules héritiers ?
Quel gâchis de considérer cette perspective…
Je conserve en moi le deuil de l’humanité
Qui devient un labyrinthe, demeure inactive …
Le soleil entretient amèrement ma vie
En complice peiné, et pourtant impuissant
Bien triste spectateur de ma lente agonie
De ma danse elliptique, de mon dépérissement.
De mon cœur éperdu et fébrile, j’attends
Que mon compagnon flamboyant m’emporte avec lui
Que le cancer qui me gangrène, me murmure en
Un souffle que moi seule entends : « voilà, c’est fini ».
Je conserve l’espoir qu’à la fin du tunnel
Non pas le salut, mais la raison nous trouvions
C’est inscrit dans mon cœur, comme un œil la prunelle
Seulement pour certains, ce n’est qu’une illusion !
Vous, pilleurs de trésors, m’avez affamée, mais
Je n’ai pas de rancune car l’amour d’une mère
Bien que boiteux, reste le plus précieux des mets
Même une fois l’oasis transformée en désert.
Hylyirio |
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Nathe-Yah
Membre

Inscrit le: 22 Juil 2007
Messages: 441
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Posté le:
Mar 24 Juil 2007, 10:38 |
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Personne n'a encore rien dit sur ce poème? C'est certainement que les mots leur manque. Très bien écrit et des plus justes dans le propos, bravo. |
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