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Texte (tentative de roman) |
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Message |
Grimsie
Invité
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Posté le:
Mer 09 Mai 2007, 16:51 |
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Le texte que je suis en train d'écrire en ce moment, ce n'est pas forcément ni original, ni très beau, mais si y a des gens que ça intéresse je trouve ça enrichissant d'avoir des commentaires dessus :
PROLOGUE
Le soleil l’endormait. Depuis toute petite elle se blottissait dans le coin droit de sa chambre, là tout près de la fenêtre. Elle attendait qu’il l’entoure, l’enveloppe, la protège. Elle pouvait rester des heures là, comme ça, elle se sentait juste bien. Son frère avait besoin de drogues pour se sentir bien. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi. Du haut de ses huit ans elle observait le monde sans le comprendre. Sans vouloir le comprendre. Pour elle, la vie était suffisamment belle. Il n’y avait pas besoin de fuir. Elle avait ses peluches, ses jouets, ses rêves. Sa vie.
Le soleil lui paraissait un ami suffisant. Pour ses parents, elle avait un problème. La solitude, que ne devrait pas connaître les enfants. Rester là, des heures enfermée sans bouger, blottie dans un coin de sa chambre… Sans rien dire. Comme si les mots étaient inutiles, vains. Ses parents aussi attendaient. Depuis toujours. Un mot, un son. Mais rien. Juste le silence, et ses yeux grands comme la lune, qui s’attardaient sur toute nouveauté, tout jouet. Elle comprenait mieux que personne la beauté. Cette beauté que peut avoir un rayon de soleil lorsqu’il se pose sur une rainure du parquet. Parfois, elle courait après lui. Mais il partait toujours. Alors, elle était seule. Juste Miko, sa peluche avec elle. La seule personne qui comptait pour elle. Miko ne k’avait jamais déçu. Quand tout s’écroulait autour d’elle, que ses parents l’emmenaient voir le docteur, Miko était là. Face aux médecins, elle le brandissait comme sa meilleure arme. Son allié. Son frère était parti un soir, sans revenir. Plus rien. Ses parents lui avaient expliqué qu’il était auprès de ses grands-parents, de son chat Jinko, des trois hamsters et des cinq poissons rouges. Elle savait très bien ce que cela voulait dire. Il était mort, ne serait plus jamais près d’elle, il ne supportait plus d’attendre comme elle que le jour se lève.
Il ne lui restait que les souvenirs. Son regard et son rire, conservés au plus profond d’elle. Son amour pour lui, et ce manque profond. Sans lui, le soleil paraissait rageur, violent, sordide. Ses parents étaient devenus plus vieux. Ils la regardaient tristement comme une enfant anormale. La parole est une chose si vaine, on la distribue à tous sans en prendre soin. Elle ne voulait pas. Depuis toute petite, elle avait cette conscience aiguë que tout mot a une valeur, un impact. Alors, elle les gardait pour elle, précieusement au fond d’elle. Lui seul l’avait déjà entendu parler. Il pouvait rester des heures avec elle, à l’écouter. Elle était douée, différente. Il le savait, mais ne disait rien à leurs parents. Il l’aurait détruite, exhibée… Lui aurait enlevée ses rêves, sa jeunesse. Il voulait la protéger. La garder pour lui. Sa toute petite sœur, si faible et fragile. Sa sœur qui préférait courir après le soleil que jouer à la poupée. Sa sœur qui restait assise à le regarder sans toujours comprendre ce qu’il faisait. Qui était juste là, parce que finalement on y était pas plus mal qu’ailleurs. Il aurait voulu la garder pour lui. Toujours. avec elle il ne voulait plus mourir, ne voulait plus partir. Il se sentait bien. Il se sentait aimé. Juste eux deux et leur bulle. Eux deux et leur amour. Eux deux et le soleil. Il courait après elle, elle courait après les rayons, il riait. Ils restaient souvent collés l’un contre l’autre, comme deux amants qui savent que l’amour n’est pas éternel, qu’il faut vivre avant qu’il ne soit trop tard. Il lui prenait la main et lui baisait tendrement le front. Elle le regardait et riait. Sans pouvoir s’arrêter, son tout petit corps se tordait, ses yeux se remplissaient de larmes. Elle voulait arrêter, mais il la chatouillait. Alors elle continuait à rire. Il finissait par arrêter de peur qu’elle ne s’étouffe. La perdre… C’était sa seule peur à lui. Perdre ce tout petit bout de fille, ne plus voir ses grands yeux ébahis, qui s’émerveillaient devant la beauté du monde, qui voulait dévorer la vie. Elle lui semblait tellement… vraie. Elle ne pouvait mentir, son regard ne le trahissait jamais, elle était l’innocence incarnée, la pureté de l’enfance. Juste heureuse d’être là, parce qu’il lui reste tout à découvrir. Juste bien, juste belle et douce. Elle l’avait changé, lui donnait envie de voir demain, de continuer. Elle semblait si peureuse quand il se droguait. Elle était jeune, mais comprenait déjà. Il le voyait dans son regard désapprobateur, elle devenait toute triste et commençait à pleurer. Il la prenait alors dans ses bras pur la consoler, mais c’était trop tard. Elle ne s’arrêtait plus, les larmes coulaient, coulaient. Il ne savait plus quoi faire. Perdu, il finissait par la serrer dans ses bras et se mettre au soleil. Si elle continuait il lui faisait faire l’avion. Au bout d’un moment, elle arrêtait de pleurer, mais se mettait à bouder. Il devait lui promettre de ne plus rien prendre, de devenir « un gens bien » comme elle disait. Il était tout heureux de l’entendre qu’il décidait alors de tout laisser, pour devenir « un gens bien ». |
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Lee
Membre

Inscrit le: 29 Avr 2007
Messages: 291
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Posté le:
Mer 09 Mai 2007, 18:00 |
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Difficile de juger avant d'avoir la suite, j'avoue ne pas tout avoir compris |
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Grimsie
Invité
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Posté le:
Mer 09 Mai 2007, 18:15 |
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Ah, tu es la première personne qui me dit que ce n'est pas très clair, il faut que je revois ça. Le texte n'est pas fini, je n'en suis qu'à quatre chapitres, je ne savais pas si j'allais mettre la suite maintenant ou non, mais si tu veux je rajoute le premier chapitre :
Chapitre 1 : Naissance
Nathanaël avait dix sept ans quand elle est arrivée. Ses parents avaient divorcé, et comme souvent son père voulait faire un nouvel enfant à sa nouvelle femme, plus jeune que lui. Il espérait ainsi la garder pour lui… Nathanaël ne voulait ni frère ni sœur. Il détestait l’idée que son père puisse oublier sa mère, et leur passé de famille heureuse. Pour son père c’était une marque de jalousie, la frustration de ne plus être l’enfant unique, et la peur de ne plus être aimé. Sa vraie mère ne s’était jamais remariée et vivait seule. Il la voyait souvent, mais elle ne voulait pas l’élever. Elle ne voulait plus rien. Juste attendre la mort, ou espérer une nouvelle vie. Elle avait rencontré de nombreux hommes ensuite. Amis, amants, peu importait. Ils lui donnaient un peu de cet amour qui lui manquait sans jamais la combler. Nathanaël lui en voulait de l’avoir abandonné avec cette femme d’à peine dix ans son aînée qui pensait avoir le droit de se comporter comme une nouvelle mère. Elle désapprouvait ses sorties, les filles qu’il ramenait souvent un soir et qu’on en revoyait plus jamais. Elle se plaignait de ses manières d’enfant gâté et mal élevé. Johanna… Il détestait ce prénom. Symbole de futilité, et d’inutilité. Elle était jeune, brillante, mais avait abandonnée sa carrière d’avocate pour se marier avec Jean, son père. Depuis leur bonheur était parfait, sans égal. Seul lui était de trop… Il allait avoir dix-huit ans et pourrait alors partir. Vivre sa vie, loin d’eux. Ils avaient décidé de détruire sa dernière année avec eux en faisant ce bébé… Un an, c’est tout ce qui leur restait à attendre, pour une vie de bonheur, mais non, ils voulaient agir maintenant.
Johanna tomba enceinte. Le calvaire grandit, elle était invivable, lui hurlait dessus, se servait de sa grossesse pour lui imposer toutes sortes de contraintes. Quelques mois plus tard, il apprit qu’il aurait une petite sœur. Une petite sœur… Cette idée qui le répugnait auparavant commençait à la séduire. Il accompagnait ses « parents » lors des écographies pour la voir à l’écran. Il ramenait moins de filles à la maison. Il se sentait moins seul.
Au bout du septième mois, il avait préparé la venue de sa sœur. Ils devraient partager la même chambre, par manque de place. Il avait mis une nouvelle tapisserie, accroché des images enfantines, de personnages de dessins animés, peint le berceau en bois. Il se sentait transporté. Il avait un but, quelque chose à attendre. Il sentait qu’elle bouleverserait sa vie. Le soir, après les cours, il traînait dans les magasins de jouets, de peluches. Il voulait lui donner le meilleur, quelque chose qui serait toujours avec elle, même quand lui ne serait plus là. Il ne se décidait jamais, rien ne paraissait assez bien pour elle. Aucune peluche n’était assez douce, assez ronde, assez grosse. Un soir, pourtant il tomba nez à nez avec une grosse vache. Elle était rose, avec de grands yeux, mal dessinés mais tellement drôles. Elle était toute douce, et molle, parfaite pour les câlins. Il arrivait à la caisse quand son téléphone sonna. Johanna venait de perdre les eaux, et devaient accoucher prématurémment. Il accouru à l’hôpital sa vache sous le bras. Son père avait un visage triste, les médecins lui parlaient avec des formules sombres et polies à la fois. Ils n’arrivaient pas à lui dire qu’il risquait de ne pas avoir de fille. Il était trop tôt pour se prononcer bien entendu, mais ses chances de survivre si tôt étaient réduites. Nathanaël s’effondra. Il se sentait vide, stupide avec cette grosse peluche. Il était fou de rage, en voulait à la terre entière. Il risquait de perdre avant même de la connaître sa raison de vivre.
Après une nuit passée dans la salle d’attente de l’hôpital, une infirmière vint les chercher, son père et lui. Il ne comprit pas tout sauf cette phrase « elle s’en est sortie ». Il se précipita pour la voir, mais il était trop tôt, elle devait rester sous couveuse pendant encore un jour ou deux.
Quand il la vit enfin il fut empli d’une grande joie. Elle était minuscule, toute mince et fragile. Elle le regardait avec de grands yeux tout étonnés d’être là, étonnés d’être simplement en vie. Il tendit bêtement la peluche pour lui montrer.
-« Tu vois ça c’est Miko, c’est pour toi, pour toujours. »
Il lui semblait qu’elle l’avait compris. Il sourit, fier d’avoir un lien avec elle. Il put la prendre dans ses bras. Elle était si faible, si douce. Il pleura de bonheur, sentant se petit corps tout chaud, bouillant de vie et qui n’attendait qu’une seule chose, qu’on l’aime. Elle poussait des petits cris comme un début de rire. Nathanaël voulait la garder, l’emmener avec lui, la conserver pour lui, jalousement. Il devait attendre encore un peu avant qu’elle n’arrive dans sa chambre, leur chambre. Il dut le reposer, la laisser prendre des forces avant de venir à la maison. Johanna devait rester à l’hôpital. Il rentra seul avec son père. Durant tout le trajet, ils n’échangèrent pas un seul mot. Cela semblait inutile après tant de douceur. Nathanaël sentait au fond de lui ce petit corps, ce frisson qui l’avait parcouru lorsqu’il l’avait portée. Il se sentait entier, vivant. Il contempla le berceau presque toute la nuit, imaginant ce que sa vie allait devenir maintenant que ce petit être aller emménager. Il installa Miko dans le berceau et finit par s’endormir en rêvant à demain, et à tous les autres jours… |
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