Alors qu'on en vient très souvent à se plaindre de l'immobilisme de la scène dites dark-folk/neofolk (choisissez votre camp) de plus en plus oublieuse d'un savoir-faire minimum et de passion, il arrive parfois quelques petits miracles. Le nouvel album de Spiritual Front en est un très beau car il transcende non seulement le style du groupe lui-même mais surtout le détache d'une filiation trop facile à une scène obscure pour en faire un outsider de poids dans la catégorie des musiques pop-folk. L'essentiel tiens à un "songwriting" exceptionnel qui célèbre la mélodie, les arrangements délicats et bluffant (les cordes sont ici sublimes) et le charisme d'un chanteur qui semble avoir trouvé une voix/voie royale. Loin de ses marmonnement graves d'antan, Simone Salvatori mène sa barque de main de maître et délivre une performance touchante et encore plus impressionnante que l'aperçu qu'il nous en donnait l'an dernier sur le split avec Ordo Rosarius Equilibrio. Un registre qui s'étend de celui du crooner façon Nick Cave ("Jesus died in Las Vegas") au chanteur vicieux et allumeur ("Cruisin'"). La folk de Spiritual Front se pare d'atours dont l'éclat des paillettes se confronte à la solennité, la mélancolie (le magnifique "My kingdom for a horse", le Chris Isaak "I walk the (dead)line") et l'ambiance d'une taverne où putes de luxe et bâtards de tous poils viennent chercher oubli et rédemption le temps de quelques chansons ("Slave", "Love through vaseline"). "Armageddon gigolo'" ou la rencontre de Nick Cave, Scott walker et Sixteen Horsepower pour une "jam session" inédite. Et pour couronner le tout, une osmose parfaite entre les participants, emportés et inspirés. Un disque pop parfait, émouvant et tout simplement magnifique. En espérant qu'il ne faudra pas attendre dix ans pour que l'on s'en rende compte...
http://www.myspace.com/spiritualfront
http://www.spiritualfront.com/
Vu en live en 2006 c etait un super concert .