Je suis passée par les deux états : d'abord bourreau (et très enthousiaste, je vous prie de le croire) puis victime (j'avais déjà moins la foi à ce moment-là...).
A mon entrée au collège j'ai été séparée brutalement de tout un cercle d'amis très chers. J'ai eu la chance de retrouver assez vite un cercle d'amis, beaucoup plus restreint et entièrement féminin. En cinquième est arrivée dans le cercle une fille qui ne brillait pas par son aspect extérieur... Tout en elle nous déplaisait mais nous l'avions acceptée au début. Puis, peu à peu, cette fille, qui dessinait fort bien, est devenue notre souffre-douleur, tout comme elle était celle de tout le collège. Ayant un petit talent de ré-écrivain, j'écrivais parodie sur parodie de chansons sur ses cheveux, sa peau, son nez, ses vêtements... De toute la meute lancée à ses trousses, je devais être la plus acharnée. La meneuse évitait généralement de se salir les mains, nous laissant Mé et moi nous défouler sur My (la victime). Lettres injurieuses, anniversaires gâchés, manteau jeté dans la poubelle, concerts de chansons insultantes en live rien que pour elle.
En troisième en revanche... B, la meneuse, voulait m'éjecter du groupe. Elle me prit à part un mercredi, après quelques heures de colle communes (

) pour me proposer une alliance d'elle et moi contre Mé. Comme nos rôles, à Mé et moi, étaient comparables dans le groupe, nous étions en rivalité l'une par rapport à l'autre. Inutile de dire que la petite je-ne-dirais-pas-quoi que j'étais à l'époque a sauté sur l'occasion... Me rapprocher de B tout en éjectant Mé, miam ! Sauf que c'était un piège. Celle que B voulait éjecter c'était moi et pour convaincre Mé de lui accorder son soutien, elle n'avait rien trouvé de plus simple que de lui prouver que j'étais, moi, déjà toute prète à la laisser sur le bas-côté.
Le jeudi midi... Mé vint me voir, l'air faussement compatissant pour m'apprendre que, d'un commun accord, elles ne voulaient plus de moi pour amie. Mon monde s'écroulait. Perdre toutes ses amies, pour une adolescente, ceylamort.
Heureusement, j'ai échappé aux plus belles pièces, réservées à My (brisage de lunettes, tartinage de fromage type Vache qui Rit dans la calculette...). Mais ce que j'en ai bavé, bavé jusqu'à la seconde... J'essayais dans la mesure du possible de leur tenir tête, ce que n'avait jamais fait My, mais le coeur me manquait souvent, quand je les voyais rappliquer vers moi de l'autre bout de la cour... "Encore... qu'elles me laissent tranquilles..."