Dans le Dauphiné Libéré d'aujourd'hui, il est question - une nouvelle fois - de la centrale nucléaire du Tricastin.
"On pourra évoquer la faute à pas de chance, une malheureuse loi des séries... Le fait est que Socatri, et à travers elle, le site de Tricastin et Areva se trouvent une nouvelle fois confrontés à un incident qui, malgré son très faible impact (lire les précisions de l'ASN), va, à n'en pas douter, nourrir la polémique.
Une "anomalie" classée au niveau 1
Hier, vers 16 heures, les préfectures de la Drôme et du Vaucluse ont alerté une à une les communes du secteur qu'une « anomalie à l'ouverture d'un colis de matériels faiblement radioactifs, issus d'hôpitaux et de laboratoires de recherches » entraînant un « léger dépassement » de la limite de rejet autorisée (lire par ailleurs) s'était produite à la Socatri de Bollène, société dont la réputation, déjà vacillante, risque encore de souffrir dans les prochains jours.
« Un incident mineur, sans comparaison avec celui du 7 juillet dernier », expliquait la cellule communication d'Areva, à nouveau sur les charbons ardents, pour tenter de juguler un emballement médiatique redouté mais inévitable dans le délicat contexte actuel.
L'envie d'en découdre
« L'incident est clos » clamait, un brin péremptoire et un peu précipitamment Anne Lauvergeon lors de sa visite à Tricastin le 18 juillet dernier après s'être excusée et avoir promis d'ouvrir généreusement le portefeuille pour indemniser les victimes directes ou indirectes de l'incident qui avait mis la région en émoi quelques jours plus tôt. Et voilà que ça recommence. Même minime, cette anomalie classée au niveau 1 de l'échelle Ines (échelle internationale des événements nucléaires) par l'Agence de sûreté nucléaire (au même niveau donc que la fuite d'une solution liquide d'uranium dans la Gaffière) fait mauvais genre. Et apporte de l'eau au moulin de ceux qui, comme Greenpeace, mettent l'accent sur « les dangers potentiels du nucléaire ».
Cet accroc supplémentaire tombe mal. Alors que les communes, comme les particuliers, tentent d'évaluer le préjudice et débattent de la prise en charge de travaux lourds (de raccordement des habitations isolées au réseau d'eau potable, par exemple) et indemnisations en tous genres, il n'arrange pas les affaires d'Areva.
La faute à pas de chance, la loi des série ?
« Cet incident rend encore plus justifiée notre demande de nomination d'un expert indépendant » n'a pas manqué de réagir en début de soirée André-Yves Beck, adjoint aux finances de la Ville de Bollène.
La présidente du directoire d'Areva regrettait dernièrement que « certains en profitent pour se refaire une santé militante... » C'est tout à fait le genre de situation qui va même donner aux syndicat et associations anti-nucléaires, du coeur à l'ouvrage.
Hier, une balise se déclenche à nouveau
Vers 10h45, une balise de sécurité s'est déclenchée de manière intempestive suite à un problème électronique dans le réacteur n°4 de la centrale nucléaire EDF Tricastin. Une fausse alerte à nouveau qui a tout de même nécessité l'évacuation des 60 intervenants à l'intérieur de cette unité de production. C'est le troisième déclenchement de balise en trois semaines après celles des 23 et 30 juillet."
Peut-être n'est-ce que la faute à pas de chance, mais une centrale qui a 3 problèmes en moins d'un mois n'est-ce pas un peu "problématique"?