Avant 1950: les oeuvres racontaient une histoire prédéfinie.
Après 1950: les oeuvres incitent le regardeur à creer l'histoire de l'oeuvre, à réfléchir sur ce que raconte l'oeuvre.
Un petit peu réducteur tout de même, je doute que les Malevitch des années 20 puissent raconter des histoires prédéfinies à qui que ce soit...
Quant à l'idée de se libérer de tout facteur extérieur pour se lancer dans un travail artistique, je pense que c'est effectivement une des plus importantes du siècle. Musicalement parlant, l'un des premiers à le faire a été John Cage qui voulait se libérer totalement de la subjectivité en faisant appel au hasard. Enfin je ne vais pas épiloguer là dessus pour l'instant à moins que ça n'intéresse quelqu'un par la suite...
Concernant le rapport musique et lieu, je trouve plus intéressant en fait le rapport entre le son et l'architecture, par exemple, l'une des œuvres emblématiques de ce genre de recherche est la Dreamhouse de LaMonte Young, l'un des musiciens minimalistes les plus importants. La Dreamhouse était une vaste pièce baignée de lumières violacées dans laquelle était diffusée un son continu, sans arrêt (à la base c'était sensé fonctionner sans jamais s'arrêter, de manière permanente). Comme une grande piscine de son et de lumière dans laquelle on peut rester un moment, dormir, méditer, etc. Et puis lorsqu'on se déplace à l'intérieur, on peut entendre qu'en fonction de positionnement par rapport à l'architecture, le son change, la lumière aussi. Je trouve ce genre de rapport beaucoup plus intéressant que le fait d'écouter (par exemple) de la musique goth en imaginant un décor goth (ou alors de l'indus dans une usine désaffectée...). C'est quelque chose de très fort, qui influence énormément la perception, sans que la subjectivité y soit pour quoi que ce soit, et en cela, libéré de toute convention sociale, de toute idée reçue, de tout cliché. C'est certes peut-être un peu austère comme conception mais je trouve cela extrêmement juste et intéressant.