Ô Destin je vous appelle peut-être en vain
Mais un mortel désespoir sur mon visage est peint
Le jour, sur son tombeau, j'allais verser des pleurs
Et je veillais la nuit pour sentir mes douleurs
Cette nuit roule en silence autour de nos demeures
Sur les vagues du ciel la plus noire des heures
Des affreux corbeaux les sombres légions
Fendent l'air qui frémit sous leurs longs bataillons
Alors ouvrez moi un passage à l'empire des morts
Dérobant aux corbeaux le butin de mon corps
Je veux entrer un peu, mais seulement pour voir
Quelle est sa contenance après un trait si noir.
Assez d'autres sans moi n'ont pas mis en oubli
Par quelles cruautés votre trône est établi
J'ai pleuré, treize printemps,
Loin des bras qui m'ont repoussé
Reviens, mon frère : je t'attends
Sur la pierre où tu m'as laissé