Wiling prod a écrit:Depuis 1997, ces 3 agitateurs de la chanson associent intelligence et irrévérence pour traquer, en vrais maniaques, le comportement qui agace, le phénomène de société qui horripile, le consensus qui énerve.
Leurs mélodies-ritournelles et leur faculté à passer de l'ironie la plus finement ciselée à la satire sans fioritures ont déjà conquis des publics variés.
La scène est leur véritable terrain de jeu, un spectacle jubilatoire entre théâtre et chanson.
Les malpolis fustigent avec une causticité au brio acoustique, aussi bien les nouveaux beaufs à la Cabu que les culs-bénits new âge, les régionalistes fumeurs de joints. Un art quasi subversif, finalement bien plus représentatif de son époque que les glapissements à la mode des apprentis chanteurs de la télé.
Philippe Barbot - Telerama - 28/01/04
leur site ici
les cd's en vente ici
et quelques uns de leurs textes:
Les nouveaux beaufs
Le bon vieux beauf, c'est plus ce que c'était :
La moustache soignée, le foulard du PSG,
La boucle d'oreille discrète, le pantalon de survêt',
Le tatouage « A Gilberte », la chemise grande ouverte,
La fausse chaîne en or, sur un torse poilu,
Tout ça, ça fait bien pauvre, tout ça, ça ne se fait plus !
L'important, c'est d'avoir su rester jeune dans sa tête,
Mais jeune comme avant, ceux d'maint'nant c'est des lopettes !
Pas d'révolution des cons, le beauf est toujours un crétin…
Quelle différence y'a-t-il alors entre le nouveau beauf et l'ancien ?
Les nouveaux beaufs ne roulent plus en R 12 Gordini
Avec la FM à fond qui couvre la CiBi,
Mais en 4x4 pour faire du safari en ville,
Par contre en conduisant « toujours très pro et très viril » !
Y s'lancent solennellement sur n'importe quel sujet
Dont ils ne savent rien mais ne s'lassent pas de te parler
Enfin, se disent originaux, te disent : « Hé ! Ca t'en bouche un coin ! »
Tu voudrais bien répondre que'qu'chose, t'es trop désolé, tu dis rien.
Ils passent la moitié d'leur temps à dire qu'ils n'ont pas d'argent
Et l'autre moitié, ils la passent à le dépenser.
Sont connectés sur Internet depuis au moins l'année dernière
Et savent très bien comment ça marche mais cherchent encore à quoi ça sert.
Comme ils trouvent qu'la télé n'passe que « des trucs merdiques »
Ils ont investi dans le câble et le numérique !
Mais pour pas passer pour des cons ils se passionnent pour Arte
Et si ce soir y'matent un film de cul c'est juste pour s'relaxer !
Les nouveaux beaufs ne font plus l'apéro au Ricard,
Ils fument un pétard en buvant des alcools rares ;
Et, à par eux, bien sur, tu penses ! « on n'sait plus s'amuser ! »
Mais quand tu les vois rire t'es bien heureux de t'emmerder !
Les nouveaux beaufs furent des déçus du socialisme
Ayant toujours voté à droite, c'est assez normal !
De tout' façon, la politique… Y s'en balancent… ça les bassine…
Pensent mêm' qu'Le Pen a des idées, c'est dir' s'ils y connaissent que dalle !
Les nouveaux beaufs trompent leur femme à l'occasion,
Pour la frime avec des gamines, mais toujours sans passion,
Ils parlent de « couple uni mais libre », « du sexe qui reste à explorer »,
Tout ça pour dire qu'ils bandent encore et que, bref… « C'est pas des pédés ! »
Pendant qu'toi tu galères pour essayer d'rester en vie,
Ils t'expliquent leurs astuces pour ach'ter à moitié prix,
Ils connaissent toujours quelque part, quelqu'un de bien placé :
Honte sur celui qui aujourd'hui a des scrupules à truander !
Les nouveaux beaufs regardent ensemble vers l'avenir
C't original comme image… Ca d'vrait les séduire…
Puis ils regardent vers les étoiles, te disent « Et toi, est-ce que tu penses
Qu'il y a ailleurs qu'ici une autre forme d'intelligence ? »
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La joie des cons
Face aux crétins pour qui, cette fille
Qui s'est faite violée, le cherchait,
Disent-ils, en bandant à moitié,
Non, mais faut voir comment elle s'habille !
Face aux témoins d'l'arrestation
Du p'tit braqueur du supermarché.
Quelle chance ! C'est bien un étranger !
De quoi leur faire des convictions !
Moi qui ai souvent
Le rire méchant,
J'aurai voulu
Fair' un truc drôle
De c'qui désole,
Mais c'est foutu...
J'n'ai pas su faire
Mieux que cet air,
Que cette chanson
A siffloter
Devant c'qui fait
La joie des cons.
Face au naze dont la réussite
Rend admiratif les blaireaux
Et qui ricane de ta vieille auto,
Ton job pourri, tes goûts limites.
Face aux maîtres de ce chien en laisse
Qui ignore ce qu'est une caresse,
Qu'ils ont dressé à " choper aux couilles "
C'qui fait la fierté d'ces andouilles.
Refrain
Pour celui qu'on regarde en coin,
Pour celle qu'on montre du nez,
Face à ceux qui n'ressentent point
Qu'c'est bien humiliant d'humilier.
Pour tous ceux-là même si je sais
Qu'ils ne s'ront p't être pas des tonnes
A se priver si on leur donne,
Un jour, l'occasion d'se venger.
Refrain.
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Les psys
Tue ton père ! Nique ta mère !
C’est du Freud, pas du Joey Star,
Un mec dérangé d’la caf’tière,
Qui a dit un jour « Tout l’monde est un jobard. »
Si dans ta vie, ça tourne pas rond
C’est qu’un jour tu as raté l’coche !
Y’a toujours une explication,
Un truc qui s’est passé quand t’étais mioche !
Moi qui n’arrêtait pas de m’tripoter l’zizi,
Qui aimait pas faire la bise aux amis d’ mes parents,
Faudrait pas s’étonner si j’en suis aujourd’hui
A prendre mon pied à chanter des trucs méchants.
Oh ! J’entends les psys me dirent tous en choeurs
« Neuf fois sur dix, on se trompe pas »
J’oubliai qu’on arrive par erreur,
Parfois, c’est vrai, à de très bons résultats.
B’hé moi, voila, je fais un cauchemar,
Toujours le même, qui m’angoisse et me poursuit,
J’ai des visions, oui, je crois voir
Ici et là, des psys partout, partout des psys…
Dans mon journal, à la radio, à la télé
Assis au chevet de l’entreprise
De la famille, de l’école, d’la société…
Ils improvisent des analyses, qui me les brisent
Et que par malheur un drame survienne
En voila d’autres encore qui surgissent et se pressent
Pour nous éclairer sur la nature humaine
C’est un métier de n’pas s’occuper d’ses fesses.
D’nous dire c’qui est bien, c’qui est normal
Pour être heureux comme des poissons dans l’eau,
Sans faire de vague, sans s’cogner au bocal,
Mais, moi de les entendre, ça m’rend carrement barjo…
J’vais finir par en étrangler un, et si
L’on voulait me jeter en prison
Pour me défendre, y’aura bien un psy
Pour prouver mon aliénation.
Et sans rancune, je porterai un toast
A ce brave homme grace à qui,
Au tribunal, c’est comme à la poste :
Quand on est timbré, on est affranchi !
Je vous laisse le plaisir de découvrir le reste, ça vaut vraiment le détour. En ce qui me concerne je suis fan.