par HELLisa » 11 Avr 2007, 19:53
Alors toi qui veut éviter la politique... Si tu commence à aborder ce sujet, on va forcément dériver dessus. Car ces évènements ont été complètement manipulés. Faut arrêter de se leurrer, des fraudeurs, y'en a tous les jours. Moi-même, ça m'est arrivé de me retrouver en situation irrégulière. Et a des tas d'autres gens.
Voici un article sorti dans Marianne (désolée pour la pub, mais j'en ai marre des médias quoi rapportent que ce qui les arrangent. Je rappelle que Marianne est un journal INDEPENDANT, ni de gauche, ni de droite, ni aux extrêmes). Attention, je n'excuse pas ceux qui ont foutu la merde, ça c'est impardonnable et si y'en a qui ont eu de la prison, elle est méritée. Mais voilà la vérité de l'origine de ces incidents:
Tandis que l'émeute battait son plein à la gare du Nord, dans la soirée du 27 mars, le jeune Congolais qui l'avait déclenché bien malgré lui était conduit au commissariat. Le procès-verbal de son audition permet de revenir aux faits, balayés par l'exploitation politicienne de cet évènement qui serait passé quasiment inaperçu s'il ne s'était pas déroulé dans une grande gare de la capitale mais dans une allée obscure entre deux barres d'une de ces cités dans lesquelles les journalistes de la télévision ne plantent plus depuis longtemps leur caméra...
A la demande des policiers, Angelo H. fait d'abord le point sur sa situation administrative. Arrivé en France en 1984, à l'âge de 10 ans, il a fait plusieurs demandent pour régulariser sa situation, sans jamais obtenir de titre de séjour. Il fait effectivement l'objet d'un arrêté prefectoral de reconduite à la frontière en date du 11 août 2006, mais rien n'est joué, puisqu'il tente un recours par le biais de son avocat, Me Boccara.
L'interrogatoire en vient rapidement aux faits qui ont conduit à son interpellation, quelques heures plus tôt. "J'avais rendez avec une personne qui m'attendait sur le quai de la ligne 5, explique-t-il. J'ai mis un ticket RATP au niveau d'un strapontin [le tourniquet] de l'étage supérieur, puis je suis descendu et j'ai passé le strapontin donnant accès au métro. Comme à mon habitude, j'ai jeté mon ticket au sol juste après le strapontin. Trente mètres plus loin, j'ai senti qu'une personne le touchait au niveau de l'épaule, je me suis retourné et cet individu s'est présenté comme un contrôleur de la RATP et m'a demandé mon titre de transport. J'ai expliqué à cet individu que je venais de jeter mon ticket au sol et je lui ai proposé de retourner à l'endroit où j'avais jeté mon ticket pour le reprendre. Le contrôleur m'a alors demandé mes papiers. Je lui ai répondu que je n'étais pas sûr de les avoir, mais que l'on pouvait regarder dans mon sac à dos. Un autre contrôleur est alors arrivé et, sans rien me demander, il a déclarer à ses collègues: "Bon, voilà, il a rien, allez, on appelle." Je lui ai répondu que je ne bougerais pas tant qu'on irait pas récupérer mon ticket. Ce contrôleur m'a alors fait comprendre que, de toutes façons, il me ramènerait de force, il m'a parlé un langage de cité. Je lui ai dit d'arrêter, qu'iul y avait deux grands gaillards devant moi et qu'il ne s'était à présent rien passé. Il s'est approché de moi et à commencer à rapprocher son front du mien. Je lui ai dit "Arrête, ou je vais te boucher une oreille." Nous nous sommes frotté les fronts, mais il n'y a pas eu de coup."
Le deuxième acte commence, selon Angelo, lorsque deux contrôleurs l'attrapent par les chevilles et le font "chuter au sol", où il l'auraient maintenu jusqu'à l'arrivée des gendarmes, laps de temps que les agents de la RATP auraient mis à profit pour lui "donner des coups de pieds entre es jambes" et "essayer de lui tordre les poignets"
"Autour de nous, poursuit Angelo, une foule s'est formée qui se demandait ce que ces contrôleurs étaient en train de faire, foule parmi laquelle il y avait de nombreuses personnes qui me connaissaient, car j'ai vécu dans le Xe arrondissement et je connais très bien la gare du Nord."
Il s'est débattu lorsque les gendarmes sont arrivés, leur a expliqué qu'on ne menottait pas un homme à terre, mais le contrôleur qui avait approché son front aurait de nouveau essayé de lui attrapé les jambes. "Il devait me connaîtren je pense que c'est pour cela qu'il en avait après moi", estime Angelo, qui se rend compte à cet instant qu'"une foule importante s'est ameutée autour [d'eux]" Conduit dans le local de la RATP, il a entendu le contrôleur dire à ses collègues "Vous avez vu, il m'a bien mis un coup de tête." "C'est là que j'ai compris que c'était une affaire personnelle" assure Angelo qui a sa petite explication sur l'altercation: "Parmi ces agents de la RATP, il y en avait trois d'origine magrhébine. Peut-être qu'il en avait après moi parce que je suis noir." A partir de là, "dépassé par les évènements", il les a "bombardés d'insultes", mais il est formel: "jamais de la vie" il n'a essayé de donner un coup de poing au contrôleur, pas plus qu'il ne l'a menacé de mort.
Dehors, ce minuscule incident avait depuis longtemps mis le feu à la gare du Nord... et rappelé aux éditorialistes parisiens que l'insécurité est toujours un thème d'actualité.