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Trois suspects ont fait l'objet de livres et d'adaptations cinématographiques. Il s'agit du prince Albert Victor de Galles, héritier de la couronne de Grande-Bretagne, du médecin et chirurgien Sir William Gull et du peintre et artiste Walter Sickert.
* Patricia Cornwell dans son livre Jack l'éventreur : affaire classée - Portrait d'un tueur défend la théorie (basée sur d'anciens échantillons d'ADN) selon laquelle le peintre Walter Sickert serait l'auteur des cinq meurtres. Ses œuvres seraient le reflet de ses crimes. L'argument défendu dans le livre repose cependant sur un faisceau de coïncidences n'ayant pas force de preuve. Elle démontre certes que Sickert est lié à une ou plusieurs lettres écrites au nom de l'éventreur, mais elle ne parvient pas à fournir la preuve irréfutable de sa culpabilité.
* Dans son Livre rouge de Jack l'éventreur, Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série tente de décrire objectivement les faits et dresse un portrait du tueur, sans chercher à établir l'identité de Jack l'éventreur.
* Un certain Docteur Neill Cream, pour avoir déclaré « Je suis Jack l'... » juste avant de se faire pendre, fut longtemps considéré comme le suspect numéro un.Seulement il s'est avéré qu'il avait été détenu de 1881 à 1891 dans une prison en Amérique.
* Dans un livre de Stephen Knight (dont la thèse est reprise dans From Hell, une bande dessinée d'Alan Moore ensuite adaptée au cinéma), le coupable serait Sir William Gull, chirurgien de la famille royale. Les motivations de ce praticien demeurent aujourd'hui sujettes à controverses : les prostituées auraient été témoins d'un mariage secret (non prouvé) entre le prince Albert d'Angleterre et une jeune roturière catholique ; Gull aurait alors reçu pour mission de les éliminer afin qu'elles ne puissent exercer de chantage sur la famille royale. Cette théorie a du succès parce qu'elle lie la famille royale aux meurtres. Pour ses partisans, la culpabilité du chirurgien apparaît d'autant plus vraisemblable que les rapports d'autopsie insistent sur la qualité des éviscérations. Outre le fait que les meurtres furent commis de nuit, dans des lieux obscurs, un chirurgien pouvait évidemment avoir assez de connaissances anatomiques pour y procéder. Néanmoins, l'auteur de From Hell précise toutefois à la fin de son livre que cette théorie est une pure fiction, sans lien quelconque avec la vérité.
* Enfin, dans une lettre écrite en 1913 et découverte en 1993, J.G Littlechild, inspecteur en chef de la police secrète de Londres en 1888, fit mention d'un certain Francis J. Tumblety. Ses soupçons sont basés sur le passé de charlatan de ce médecin aux États-Unis et sur des témoignages de ses proches affirmant qu'il vouait une haine démesurée aux femmes, qu'il qualifiait de bétail. Ce suspect fut arrêté le 19 novembre 1888, la police le soupçonnant d'être lié aux meurtres, puis il fut relâché sous caution. Il s'enfuit finalement aux États-Unis ; plusieurs enquêteurs furent lancés à ses trousses, mais Tumblety parvint à disparaître mystérieusement en janvier 1889. Par la suite, on rapporta des assassinats étrangement semblables à ceux de l'Eventreur dans l'Ouest américain, ainsi que six horribles meurtres à Managua. Tumblety mourut à Saint Louis, le 28 mai 1903. Tumblety qui se prétendait docteur en médecine, possédait une collection d'organes humains et notamment une douzaine de matrices de femmes. Tumblety s'était marié très jeune et a rompu très vite lorsqu'il découvrit que sa jeune femme qu'il aimait éperdument était en fait... une prostituée. Il fut condamné à plusieurs reprises, notamment pour pratiques homosexuelles (réprimées à l'époque victorienne). Il fut également soupçonné d'avoir participé à l'assassinat du président Abraham Lincoln en 1865. Tumblety quitta précipitamment l'Angleterre le 5 décembre 1888 pour la France, puis les États-Unis. Après sa fuite, les meurtres s'arrêtèrent. Scotland Yard demanda alors à la police de New York de surveiller Tumblety (fait qui prouve que Tumblety était considéré comme un suspect de premier ordre). Alors âgé (55 ans) aux moments des faits[1], il reste tout de même un suspect tout à fait crédible.
* Un journal intime découvert en 1991 a aussi eu pour conséquence de désigner comme assassin potentiel James Maybrick, un négociant anglais décédé en 1889, qui habitait Liverpool mais venait régulièrement pour ses affaires à Londres et résidait à Whitechapel. Des expertises ont prouvé l'authenticité du document, qui reste douteuse selon d'autres scientifiques. Les partisans de cette thèse s'appuient également sur une montre ayant appartenu à Maybrick, qui fournirait la preuve irréfutable que Jack était Maybrick. Il y était gravé: « James Maybrick, I am Jack », et les initiales de toutes les victimes. Mais James Maybrick, dont le texte ne donne pas de détail qui aurait pu n'être connus que de l'assassin, peut avoir voulu se faire passer pour Jack l'éventreur aux yeux de la postérité.
* Dans son livre Jack l'Eventreur démasqué, Sophie Herfort, une professeure de français langue étrangère de l'Alliance française, entend démontrer que toutes les hypothèses précédentes étaient erronées. Elle avance que le coupable serait Sir Melville Macnaghten, en s'appuyant sur ses mémoires, ses dires ainsi que d'autres indices [2]. Ce policier humilié par le patron de Scotland Yard aurait prévu de se venger. En effet, après le renvoi du préfet Warren, il est à nouveau candidat et obtient un poste à Scotland Yard. Selon Sophie Herfort, certaines lettres évoqueraient le désir chez Jack l'éventreur d'intégrer la police après avoir subi une terrible éviction. Elle explique également que Sir Melville Macnaghten fréquentait les prostituées et manifestait un fort sentiment de haine à leur égard. Dans ses mémoires, il avoue prendre plaisir à leur faire peur. L'homme bénéficiait d'une grande expérience de chasseur. Lors de sa jeunesse en Inde, il traquait de gros prédateurs (fauves, alligators...) en particulier le chacal qu'il surnommait "jack" (diminutif de "jackal" en anglais) et parlait de l'attraper avec ce style caractéristique aux lettres signées "Jack L'Eventreur" et envoyées à la police ! Cet homme vantera plus tard l'abondance de ses trophées. Ses compétences en tannage lui auraient permis de pratiquer le dépeçage "chirurgical" de ses victimes [3].
* Et si l'éventreur était... une éventreuse ? Cette piste déjà suivie à l'époque à la suite des déclarations de 2 témoins ayant aperçu une femme s'enfuir des lieux du crime de Mary Jane Kelly, a été relancée après la découverte en mai 2006 par le biologiste Ian Findlay de traces d'ADN retrouvées sous 2 timbres des 15 enveloppes envoyées et attribuées avec certitude à Jack l'éventreur. En effet, ces 2 ADN correspondent à celui d'une seule et même femme. A l'époque, la police avait soupçonné une sage-femme nommée Mary Eleanor Wheeler, dite Mary Pearcey née en 1866. En octobre 1890, celle-ci fut inculpée du meurtre de la femme et de la petite fille de son amant Franck Hogg. Bien qu'ayant toujours clamé son innocence, elle fut condamnée à mort et pendue le 23 décembre 1890. Elle fut enterrée au cimetière de Newgate où sa tombe est toujours visible. Il reste au Pr Findlay à obtenir un permis d'exhumer pour comparer les ADN des 2 lettres à celui des restes de Mary Pearcey.
Que je suis prêt à donner un mars à celui qui identifiera le coupable. Mr. White
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