Quand cet album fut annoncé, j'ai sauté au plafond. Après 4 ans, un des plus grands groupes de Metal au monde revenait, apparemment bien décidé à en faire voir à ses fans. Plus tard, sort le premier extrait du groupe : "El Dorado", un morceau... Surprenant... Et qui me laisse mitigé. Encore plus tard : le clip de la chanson éponyme. Une nouvelle fois, le morceau me laisse sceptique. L'excitation de départ s'en était donc allé lorsque je suis allé acheter l'album. J'étais à la fois inquiet et plein d'espoir. Un mauvais Maiden, c'est si rare, ça n'allait pas tomber maintenant ? N'est-ce pas ?
La première écoute fut assez fastidieuse. "The Final Frontier" se voit rallongée par rapport au clip d'une intro pas forcément utile mais qui a le mérite de proposer quelque chose d'original. De plus, elle plonge dans l'ambiance du morceau, du coup, quand la chanson démarre, l'auditeur est dans de bonnes conditions pour mieux l'apprécier. Malheureusement, ça ne suffit pas à en faire un morceau d'ouverture très appréciable.
Et la suite ne s'arrange pas, bien au contraire. Si "El Dorado", après plusieurs écoutes finit par être très sympathique à écouter, avec son intro et sa chute rappelant étrangement "Out of the Silent Planet" de Brave New World, la suite s'avère très très banale et sans surprise jusqu'à Isle of Avalon ( que je n'inclurais pas dans le lot )... Et c'est ça le problème. C'est du Maiden, comment ça peut être convenu au point d'en être ennuyeux ? Je n'hésite pas à le dire, durant toute cette partie, je me suis ennuyé et je me suis demandé si l'album allait démarrer en regardant avec espoir le dos du boîtier avec la longueur des chanson... 9 minutes ? Iron Maiden s'est toujours démerdé avec classe dans les longs morceaux, ça peut pas être mauvais !
C'est avec le souvenir de "Rime of the Ancient Mariner" et d'"Alexander the Great" que j'attaquai ( enfin ) l'écoute de "Isle of Avalon".
Mais là encore, je dois reconnaître que le résultat est décevant. Où sont les hymnes surpuissants ? Même A Matter of Life and Death, également porté sur le progressif proposait des refrains à chanter à tue-tête ( "The Longest Day", "Different World"... ) Là, non. Rien ne reste en tête. Cela dit, je dois reconnaître que c'est effectivement la partie la plus intéressante de l'album : les chansons sont plus construites donc moins banales. C'est salvateur. Mention spéciale, selon moi à "When the Wild Wind Blows", qui surnage avec "El Dorado".
Bref, après une écoute, la déception semble être réelle. Et chaque nouvelle audition le confirme peu à peu.
Pourtant, du reste, cet album est du Iron Maiden pur jus. Les solos valent toujours la peine d'être écoutés, la basse de Steve Harris est toujours jouissive à entendre. Quant au grand Bruce Dickinson... Ma foi, son âge se fait sentir mais le résultat est tout à fait honnête et est comparable à son travail sur l'album précédent. Tout porte à croire qu'en Live, ces chansons prendront une autre ampleur, avec la foule prête à chanter en chœur. En attendant, ça ne suffit pas à sauver la version studio.
Bref... Comment conclure ? Parce qu'après tout... Ce n'est pas un mauvais album. Non, c'est sûr. C'est trop bien exécuté pour que l'on puisse condamner entièrement l'album. Par contre, l'ennui qui gagne l'auditeur dans la première partie de l'album est indigne d'un Iron Maiden. Et quand on voit comment Somewhere in Time ou Seventh Son of a Seventh Son étaient géniaux tout en proposant des titres longs, on se demande pourquoi la deuxième partie n'est pas aussi accrocheuse. The Final Frontier est décevant. Décevant car on sait que le groupe n'est pas mort et peut toujours proposer de grandes choses. Mais il faut croire que l'inspiration n'était pas là.