par L'art-ment » 27 Juin 2010, 18:07
Je reprends mon chemin, long,
Immense sentier, abbatu,
Bordé de prairies coties,
Un immobile étalon,
Squelettique et courbatu,
Acteur d'une ultime sotie.
Et chaque aigrette, soufflée
Par le vent de la vallée,
Qui dans l'ombre se répend,
Est un espoir refoulé,
Une oraison ravalée :
Suret venin d'un serpent.
Ardente comme le soleil,
Je suffoque sous mes haillons,
Et crêvent mes yeux bandés.
Lorsqu'elle se vêt du sommeil,
Dans son argenté paillon,
Je rêve des cieux hantés.
Impatient de voir la fin
Du temps interminalbe,
De l'ennui je m'accoutume,
Par un amusement feind,
En siflotant des fables
Dont la gaieté est posthume.
Sous leurs huées et railleries,
Derrières leur tube cathodique,
Spéctateurs d'une bouffonerie,
Leurs bouches sont des acieries
Usines à rires ironiques :
Des blessantes braconneries.
Avancant aveuglement,
Je trébuche sur le sol
Des trompettes grotesques,
Leurs chants sont des beuglements
En faveur de ce guignol
Dans sa danse moresque.