J’ai lu attentivement tout ce qui a été écris et j’aimerai apporter mon point de vue sur ce passionnant débat. Les questions philosophiques ayant été assez largement exposées, j’aimerai éclairer le débat d’une lumière plus pragmatique. Ca va être un peu long, je remercie par avance ceux qui auront le courage de me lire jusqu'au bout
Peine de mort, prison et de la nécessité des loisDepuis que le monde est monde, la peine de mort est l’idée ultime pour punir les crimes les plus graves. Toutes les sociétés à travers le monde l’ont pratiqué, l’idée même d’abolition de la peine de mort est très contemporaine.
Mais avant de penser à la sentence, il en va de la définition même de ce qu’est un crime et de l’échelonnage de sa gravité, et c’est à cela que servent les lois. Dire que les lois protègent la population est faux, puisque ce n’est pas parce qu’une loi existe qu’elle est suivie, voir même appliquée par le législateur.
La loi c’est un outil qui permet de dire au regard de la société : nous n’autorisons pas moralement cette pratique. Après chaque individu selon sa propre morale peux penser que la loi est bonne, ou juste… ou pas. Il est alors à lui de décider de suivre la règle établi par la société ou non, c’est là qu’entre en scène la notion de désobéissance civile.
Mais il est évident qu’on ne peux punir avec la même vigueur un crime civil, pénal ou relevant des assises, si on tuait tous les criminels quels qu’il soit il ne resteraient plus grand monde… et même dans les crimes dit de sang, il faut nuancer le crime passionnel, le crime prémédité, le crime en série et le crime contre l’humanité.
Il y a un principe qui personnellement me fait froids dans le dos dans le droit français : nul n’est sensé ignorer la loi. Cela veux dire que même s’il on est de bonne foi, si on a enfreins une règle on a forcément tort. Dans ce cas, que dire de celui qui a planté sa haie à 5 cm de la clôture de son voisin au lieu de la distance règlementaire. Est-il un criminel ? Et si l’échelonnage des punitions n’existait pas, devons-nous le punir de la même façon qu’un violeur d’enfant ? Dans l’absolu c’est à cela que la justice et donc la loi sert.
D’autre part, la notion de justice est très intéressante. Les hommes sont jugés par des hommes, et donc, même si tout notre appareil judiciaire se met en branle pour prouver la faute, il existe une part d’erreur. Sans parler de l’influence que peux avoir le pouvoir politique, les lobbies, les médias et la croyance populaire sur le verdict d’un procès. C’est pourquoi l’indépendance de la justice est capitale, et que les avocats et les juges d’instructions sont périodiquement en grève depuis que notre président bien aimé c’est mis en tête de vouloir supprimer le juge d’instruction dans la direction des enquêtes. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, je vous propose
ce lien.
C’est ainsi que pour les affaires dites sensible il a été créé le principe du huis clos. Mais même pour une affaire d’assise à huis clos, la part d’erreur est toujours existante car le verdict est soumis à un jury populaire tiré au sort. Je vous parle de cela car c’est quand la société a pris conscience que la part d’erreur dans un verdict pouvait être importante qu’elle a commencé à mettre en place le système des recours et à se dire que la peine de mort pouvait être un châtiment trop définitif au regard de cette part d’erreur. D’autre part, avec l’apparition et la popularisation de la philosophie et de la psychologie, avec l’évolution des mœurs et de la société, est apparu le débat concernant la légitimité de l’homme en tuant un autre. Cela fait il de lui un criminel au même titre de celui qu’il puni ? Est-ce moralement acceptable d’ôter la vie ?
La société moderne et les pouvoirs publics ont tranché : non.
Alors que pendant des millénaires cela semblait la réponse la plus appropriée aux crimes les plus graves selon la loi des hommes et du pouvoir religieux avant la séparation de l’église et de l’état, c’est devenu pour certaines société dites modernes inacceptable.
Je dis certaines, car il faut relativiser, la peine de mort n’est complètement abolie que pour 40% de la population mondiale. Les autres 60% vivent dans des pays ou la peine de mort, qu’elle soit encore appliquée ou pas, existe toujours au regard de la loi. D’autre part, certains de ces pays sont les plus puissant économiquement parlant, notons dans le top 10 des pays ayant le plus exécutés en 2008, la chine, les USA et le japon.
L’aspect économiqueJe ne vais pas me lancer dans un cours d’économie géopolitique, mais l’aspect économique est très important dans cette question au niveau mondial (comme dans toute question mondiale d’ailleurs).
Un exemple : sachant que la France, qui dépends des règlementations européennes et de la zone euro, a besoin de la Chine pour faire monter son PIB, réduire sa dette, etc.… au-delà de la délocalisation massive du tissu industriel, la France a besoin du marché chinois pour vendre des infrastructures et de la technologie (tgv, trains, avions, centrales nucléaires…), et n’oublions pas notre fierté nationale et une de nos plus grande ressource : la vente d’armes… même si le besoin de ces technologies a été crée pour l’état chinois qui ne c’est plus quoi faire de son argent tellement on a bien fait de délocaliser la petite et moyenne industrie chez eux (en même temps, sans charge sociale et avec l’exploitation de la main d’œuvre c’est tellement plus rentable)… vous pensez sérieusement que la France et l’Europe peuvent se permettre quoi que ce soit pour influer diplomatiquement afin que dans ce pays la liberté de l’information et les droits de l’homme soient respectés ? Ils ne disent même rien pour l’oppression tibétaine ! Alors la peine de mort… c’est bien le cadet de leur soucis.
Mais la pression qu’exercent nos médias et l’opinion publique sur ces questions d’éthique fait que quelques bribes de tentatives sont diplomatiquement exposées afin de contenter l’électorat. Parce que ne nous trompons pas, c’est d’éthique dont il s’agit et du bon vieux débat séculaire sur les fondements de l’économie capitaliste. Pour maintenir notre système économique on a besoin d’argent, et c’est eux qui l’ont… ce n’est pas plus bête que ca.
Mais revenons à notre débat…
La question mondiale est donc délicate et très compliquée. L’utopie consistant à dire : je suis contre la peine de mort et une coalition mondiale devrait se monter pour l’abolir, c’est joli sur le papier, mais ca va pas être pour tout de suite.
Pour aller plus loin :
La coalition mondiale contre la peine de mortAu-delà de ces questions mondiales, revenons à un point de vue économiquement local : la justice coute très cher à la société, l’emprisonnement aussi.
J’ai lu dans le sujet, que quelqu’un disait que le condamné devrait rapporter de l’argent pour couvrir tous les frais engagés pour lui par l’état. Pour ca, il était proposé une sorte de système d’esclavage moderne consistant aux travaux forcés. L’idée pourrait être bonne au delà de l’aspect philosophique que la morale de notre société n’acceptera pas, mais elle est économiquement impossible. Pourquoi ?
Au 1er janvier 2008, les prisons françaises comptaient 64250 détenus. Ca fait du monde… imaginons que nous donnions a chacun de ces prisonniers des travaux d’utilité publique, type entretien de la voirie… si l’on ne rémunère pas ce travail, l’état fait des économies, même s’il doit pour cela augmenter ses dépenses pour encadrer ce travail et la formation… le soucis c’est que de l’autre coté, les entreprises de travaux publics ont moins de contrats, génèrent moins d’argent, et donc suppriment des emplois… ces entreprises et ces salariés génèrent donc moins de recettes fiscales, et l’état doit prendre en charge les nouveaux chômeurs… ca veux donc dire indemnités assedics, plans de formation pour le reclassement, augmentation du trou de la sécu etc… et ca coute bien plus cher que l’emprisonnement de nos 64250 prisonniers… on serai dans le monde merveilleux du plein emploi, on manquerai de main d’œuvre… oui… mais dans le contexte actuel : impensable.
Selon moi, il n’y a que la green économie qui pourrait être intéressante pour cela. Le recyclage demande beaucoup de petites mains mais la main d’œuvre, même au smic, est trop cher pour le temps de travail que demande le tri des déchets, ce qui rend difficile sa rentabilité. Il faudrait créer des entreprises d’état à proximité des prisons. Le souci avec ce joli plan, c’est la dangerosité des détenus, ils pourraient récupérer certains détritus afin de créer des armes blanches, il est donc indispensable de surveiller de prêt cette activité avec des fouilles au corps minutieuses à la sortie, ce qui demande des couts supplémentaires et une organisation considérable.
La peine de mort pour les crimes les plus graves pourraient apporter une solution économique, mais partielle, nos 64250 détenus ne sont pas tous des tueurs en série… enfin on pourrait le penser, mais c’est faux. Prenons le cas d’un pays occidental que nous connaissons bien et qui l’applique encore aujourd’hui : les USA. Après la crise économique mondiale, il faut savoir qu’une peine capitale coute au contribuable américain 10 fois ce que coute une condamnation à perpétuité… ca fait réfléchir… visiblement la solution économique n’est pas là non plus… finalement, l’emprisonnement semble la solution la plus économiquement viable.
La prisonIdéologiquement, la prison sert à ce que le criminel expie sa faute par un temps donné de mise à l’écart de la société. Dans un monde parfait, on accompagnerait chaque détenu par un programme de réinsertion et de formation ou la part psychologique serait grandement exploité, pour préparer sa réintégration mais cela coute très cher et les prisons sont surpeuplées. Mais la solution est là … c’est clair. Il nous reste juste à trouver un modèle économiquement viable afin d’optimiser le financement de ces programmes.
Pour la perpétuité, c’est un peu différent. Le but n’est pas de réintégrer, uniquement de mettre définitivement (et encore c’est relatif, avec les possibilités de remise en liberté après le temps de sureté de la peine) le criminel à l’écart. Sachant que pour des raisons de sécurité évidente il faut bien sur les occuper pendant leur vie carcérale, et que potentiellement ils pourront peut être ressortir après 30 années, il faut aussi préparer leur réinsertion, qui même avec toute la volonté du monde sera difficile à mettre en œuvre pour les cas les plus graves. Je ne sais plus qui disais que l’emprisonnement était la solution pour que le criminel ressente du remords… encore faut il qu’il en soit capable, et ce n’est pas toujours le cas.
Les peinesIl existe des alternatives à l’emprisonnement, qui pourraient être plus largement appliquées pour les délits mineurs. Le problème c’est qu’ils sont minoritairement prescrits
Le maintient à domicile par le bracelet électronique. Inutiles dans certains cas, comme les délits liés à la vente de stupéfiants, il pourrait tout de même permettre un certain désengorgement des prisons, en maintenant notamment au domicile certaines personnes en attente de jugement, mais le système est encore au stade de l’expérimentation.
Le problème c’est qu’il implique (enfin je suppose) une activité salarié à domicile ou que le prévenu soit suffisamment fortuné pour se maintenir à son domicile, et ce n’est pas le cas de tout le monde
Les travaux d’intérêts générauxEt oui, paradoxe d’une nation qui a abolit l’esclavage, l’esclavage moderne existe bel et bien dans la législation française, c’est un travail non rémunéré pour la collectivité, mais il n’est étendu qu’aux petits délits et sur accord express du condamné.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Travail_d' ... _en_FranceSon intérêt c’est qu’il permet la réinsertion et qu’il met le criminel à la disposition d’une association ou d’une collectivité territoriale.
Le dédomagement financierParfait sur le papier, surtout pour les criminels en col blanc, mais pour la majorité des crimes et délits, cela implique de grosses ressources que tous les criminels n’ont pas.
La peine de mortPourquoi être contre la peine de mort.Comme je l’expliquais en préambule, principalement pour des histoires du respect de la dignité de la personne humaine et le droit à la vie. Dans nos sociétés modernes, il n’est pas admis de faire à autrui ce que l’on ne voudrait pas que l’on fasse à soi-même, et quelque soit le crime commis, se donner le droit de retirer la vie est difficilement concevable.
Pourquoi être pour la peine de mort : Pour des histoires d’équité vis-à -vis des vies qui ont été détruite par le criminel, que ca soit par son crime et au-delà (répercutions familiales et sociétales). La bonne vieille histoire du « œil pour œil, dent pour dent ».
Soyons honnête avec nous même, les deux points de vue se valent, il y aura toujours des partisans pour l’un au l’autre.
Ce que je voulais vous montrer en exposant tout cela, c’est qu’il n’existe pas une réponse et une vérité, mais des réponses, et la vérité de chacun avec sa morale et sa philosophie, et heureusement ! Il n’y a rien de pire que la pensée unique ! J’ai certainement oublié certains aspect de la question, mais en vous lisant ce sont ceux là qui m’ont sauté aux yeux… j’espère vous avoir donné de nouveaux angles de réflexion.
Ce que moi personnellement toute seule j’en pense.Je suis pour la peine de mort pour les crimes de sang relevant de la psychiatrie, la pédophilie et le viol.
Pourquoi ?
Parce que ces crimes relèvent de pathologies. On peut contrôler chimiquement les malades, mais rien ne pourra foncièrement les changer. Au-delà des notions de remords que la plupart de ces patients ne sont capable d’éprouver, il faut bien se l’avouer, le système actuel ne permet pas leur remise en liberté. A chaque fois, soit le contrôle médical est insuffisant (ce qui est normal vu qu’on ne peut être derrière chaque patient remis en liberté pour savoir s’il prend correctement son traitement, même si certains contrôles existent actuellement), soit il ne sert à rien.
Prenons l’exemple du pédophile. On peut chimiquement contrôler ses pulsions mais quand il recouvre sa liberté on ne peut plus contrôler le traitement. On peut le castrer (chimiquement ou physiquement) mais sans contrôle de ses pulsions ca ne sert a rien. Son problème c’est l’érotisation du corps de l’enfant, le passage à l’acte sexuel n’est qu’accessoire dans sa jouissance mentale, il peut très bien utiliser ses mains ou des objets pour arriver à son but. Donc on fait quoi ? Parce que le taux de récidive à la sortie est important, comme pour tous les crimes sexuels.
Prison à vie ? C’est moins cher… bien sur… mais le but idéologique de la prison au delà de la punition c’est aussi la réhabilitation et la réinsertion dans la société ce qui dans ce cas est complètement inefficace vu qu’on a aucune solution pérenne.
Certains diront que c’est un problème de système et non d’idéologie, et c’est vrai. Mais en absence de solution, la peine de mort en est une, certes couteuse, mais beaucoup plus sure pour préserver la société.
Pour aller plus loin, je vous propose certains liens de wikipedia parlant de ces sujets, contenant des bibliographies très détaillées afin de se faire sa propre opinion.
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La prison en France-
La peine de mort-
La peine de mort aux états unis-
La carte mondiale de la peine de mort-
Le droit à la vie-
Les droits de l’homme-
L’emprisonnement à perpétuité Concernant les derniers échanges, je dois dire que je rejoins très largement le point de vue de NewWaveWarrior que j’ai trouvé très pertinent, a part cette réflexion : « Ah, oui! Où, ça? Des sources? Il ne faut pas comparer l'Afrique au monde, en Afrique c'est pauvre, il n'y a rien à voler là -bas. » le vol n’étant pas le seul crime, et parce que de principe, même s’il n’y a pas grand-chose, il y a toujours quelque chose a voler. D’autre part, s’il n’y a pas grand-chose, à qui la faute hein !? Colonisation, colonialisme, pillage des richesses, achat de matières premières a des prix dérisoires… alors quand on ajoute à ca les guerres, la sécheresse, et la famine… il reste plus grand-chose, c’est sur, et avec le sida, bientôt il restera plus grand monde à exploiter.
Quand au point de vue de suruaika, qui semble s’inspirer de l’idéologie anarchiste, je répondrais simplement que c’est une jolie utopie mais que c’est un système qui ne peux se maintenir dans la durée, et qui est fondamentalement instable pour des raisons de lutte de pouvoir. Déjà que même avec les lois il y a des problèmes tribaux voir nationaux de guerres entre ethnies, alors si en plus on enlève le peu de lois encore appliquées… On serait des bisounours, ca serai merveilleux, mais on est des êtres humains, vils, convoiteurs, prédateurs et en recherche de pouvoir même a titre individuel… dommage…
Par contre, je suis d’accord sur le fait qu’empiriquement, la solution serai dans l’unification mondiale, mais certainement pas dans la mondialisation comme elle est envisagée actuellement… idée qui mériterais son propre débat à elle toute seule, il y aurait tant de choses à dire… mais on en est très loin, entre les problématiques de système monétaire, de différences culturelles, de stabilité politique, de différences de richesses entre les nations, de niveau de vie, de barrières de langages, de sauvegarde des patrimoines… et je ne parle même pas des questions religieuses… la religion serait séparée de l’état partout dans le monde, on aurai déjà fait un grand pas en avant…
Je pense personnellement que l’humanité n’en est qu’a ses balbutiements et j’ai encore assez foi en l’humain pour espérer qu’un jour on trouvera des solutions applicables pour arriver à cela, mais on ne sera plus là pour le contempler, nos enfants, et petits enfants non plus… mais on peut toujours rêver, et surtout réfléchir à ces question afin de faire évoluer la conscience collective… et l’espoir fait vivre…
