J'avais écrit ceci il y a quelques temps, je me permets de poster cet article en intro d'une possibilité de débat au sujet de la mondialisation culturelle. C'était à la base d'une réflexion centrée sur la mondialisation des religions et spirituelaités, mais faisons large, j'en reste au terme (large) de culturel :
A l'aube du monde, les dinosaures se diffusèrent partout sur la terre, puis aux balbutiements de l'humanité, ils partirent de quelques foyers isolés pour la coloniser, répandant partout leur civilisation, leurs connaissances, leur culture, leurs religions. Il en alla ainsi des civilisations mésopotamiennes, égyptienne, grecque, romaine, pré-colombiennes. C'est cette année que j'en ai pris la réelle mesure, tandis qu'on nous rabat les oreilles avec notre époque de mondialisation dont certains font l'apologie, contre qui d'autres se battent. La vérité, c'est que depuis le début, l'humanité tend vers cette mondialisation, tout comme sous l'Ancien Régime, des stratégies familiales oeuvraient pour l'ascention sociale sur plusieurs siècles et génération, patiemment, comme des fourmis ouvrières qui s'unissent pour la grandeur de leur "clan".
L'humain a pourtant une mémoire très courte et tombe si facilement dans les pièges de la vulgarisation et des poncifs de son temps. Récemment, je m'interrogeais (contrainte et forcée, pas par plaisir) sur la mondialisation du goût, si dénoncée par les alter-mondialistes à l'encontre de firmes tel McDonald's, pour ne citer que cet exemple archi connu et point focalisateur de la résistance à ce qu'on a appelé la "malbouffe". Derrière cela, les opinions révèlent une inquiétude face à l'uniformisation du goût, ou bien face à de la mauvaise nourriture. Mais qu'est ce qui fait qu'une nourriture est bonne ou mauvaise? A priori, cette chaine de restauration rapide s'engage à la traçabilité des ingrédients, ce ne sont donc pas des steaks de rat ou de vache folle qui sont servis. Il y a aussi le fait que cette nourriture soit grasse, mais on peut manger très gras, voir plus gras, en allant dans un restaurant très traditionnel ou en cuisinant soi-même. Est ce la restauration rapide qui est pointée du doigt? Il y a beaucoup de petits comptoirs de restauration rapide, vendant sandwichs ou d'autres portions de nourriture qui ne sont pas aussi mal jugés. La restauration rapide a toujours existé un peu partout de part le monde, on en voit des avatars tout ce qu'il y a de plus traditionnels en Asie, et on a bien retrouvé des jarres de comptoirs à restauration rapide dans les ruines de Pompéi. Alors c'est parce que c'est LA firme transnationnale par excellence, porteuse de valeurs conquérentes des Etats Unis dans le monde entier. On en revient à la question de l'uniformisation du goût. Mais pourtant, ça fait depuis des milliers d'années aussi qu'on tend à cette uniformisation du goût, avec la diffusion du blé ou du riz, avec le commerce d'huile et de vin dans la méditerranée de l'Antiquité, avec des usines à garum (sauce d'origine romaine à base de jus de poisson pourri ; si si, c'est vrai, les Romains et habitants de l'Empire romain raffolaient de ça) qui s'implantaient partout dans l'Empire romain car la demande était forte, avec la diffusion des plantes d'Asie, d'Afrique et d'Amérique après les Grandes Découvertes (cacao, café, thé, tomate, pomme de terre, maïs ...). Le monde s'est uniformisé en douceur depuis des siècles sans que personne ne se plaigne (en même temps, les victimes des colonisations avaient peu de moyens de se plaindre) et soudain, en quelques années, on assiste à de vives et violentes réactions. Ca mérite au moins quelques interrogations. Peut être parce que la visibilité d'une seule firme, comme porte drapeau d'une nouvelle sorte de colonisateur tout puissant insupporte des Etats moins muselés que les anciens colonisés. La nourriture, c'est la culture. L'adopter ou la rejeter signifie beaucoup. La première chose qui arriva après la chute de l'URSS fut l'implantation de McDonalds à Moscou. C'était au moment où Boris Eltsine militait pour une introduction immédaite et effrénée du capitalisme en Russie. Et moi, dans le fond, j'aime bien aller parfois manger chez McDonalds, autant que manger au délicieux restaurant mexicain au bout de ma rue, autant qu'aller dans un de ces bons restaurants chinois, ou dans un winstub alsacien traditionnel ou goûter à la gastronomie française. Je ne suis pas dogmatique, et je ne suis pas une militante acharnée. J'aime profiter de tout de manière modérée et équilibrée selon mes envies. Je déteste les "il faut" et "il ne faut pas". Et à bien y réfléchir, ça ne m'aurait pas étonné que j'apprécie le garum des Romains. Quelle mondialiste suis-je donc alors, de manière inconsciente (parce que nous avons tous de nombreux comportements intégrés, dûs au cadre de cette civilisation dans laquelle nous avons grandi)?
Mais tout ceci n'était en fait qu'une simple introduction du sujet qui m'intéresse vraiment dans ce cas-ci, car soyons honnêtes, ma mondialisation culturelle, c'est vaste. Ca passe par la culture artistique et littéraire, les connaissances scientifiques, le cinéma, les séries télé et les émissions, la musique, l'habillement, les tendances politiques et sociales, le droit, les comportements en société, et bien plus encore. Ca englobe tout notre mode de vie en fait, de ce qu'on regroupe sous le vocable de "civilisation occidentale". Mais il y a d'autres mondes mondialisés en ce cas ; les mondes du Moyen-Orient, de l'Asie, de l'Afrique, avec d'autres valeurs, et d'autres religions.
Alors, et vous? Quel(le) mondialiste êtes vous? Que pensez vous de la mondialisation culturelle et de ses enjeux? De ses conséquences passées, présentes et à venir?