Voilà un groupe dont l'image est quelque peu controversée (c'est le moins qu'on puisse dire...). Cependant, contrairement à ce que beaucoup affirme, ce n'est pas un groupe de nazis.
Douglas Pearce et Tony Wakeford avaient été membres du groupe punk politisé, Crisis, qui s’était formé en 1977.
Crisis avait gagné un suivi substantiel dans la scène punk britannique, qui était en plein essor à l’époque. Crisis jouait à des rassemblements pour Rock Against Racism (RAR), et l’Anti-Nazi League (ANL), organisations dont Stewart Home, neoiste et critique de Crisis/Death in June, écrivit qu’elles étaient affiliées au Socialist Workers Party. Le SWP organisa la tournée de Crisis en Norvège et Tony Wakeford avait sa carte de membre du SWP.
Patrick Leagas, membre du groupes Runners from 84 se joignit à eux pour former Death in June, qui s’éloigna rapidement de la scène punk et commença à rajouter à leur son des éléments électroniques et des percussions martiales. Leurs paroles restaient empreintes de la poésie et d’un état d’urgence politique qu’on retrouvait dans les enregistrements de Crisis. Des titres comme Holy Water et State Laughter, sur leur premier album The Guilty Have No Pride, démontraient une fascination grandissante pour les systèmes politiques.
Tony Wakeford quittera Death in June en Janvier 1984 après un concert à Paris, et Patrick Leagas fera de même un album plus tard en avril 1985, après une courte tournée en Italie. Leagas, qui se faisait désormais appeler Patrick O-Kill, forma Sixth Comm, et Tony Wakeford forma le groupe de dark folk Sol Invictus.
Depuis lors, Death in June était constitué de Douglas P. et d’intervenants extérieurs. Douglas Pearce mêlera son intérêt pour la politique avec une approche plus ésotérique de son travail, notamment sous l'influence de David Tibet à partir de l'album Nada. C'est également David Tibet qui entraînera de manière décisive Death in June sur les terres de la musique folk.
Au fil des ans et des albums Douglas Pearce a collaboré avec certains des artistes les plus influents dans l’underground musical, des scènes de l'industrial, du néofolk, et de l’expérimentale/noise. On peut dénombrer Forseti, David Tibet, Boyd Rice, Rose McDowall, Albin Julius, John Balance, Michael Cashmore, Simon Norris, et James Mannox.
Boyd Rice fut lui aussi un collaborateur prolifique et de longue date.
L’influence de Douglas Pearce a également été primordiale dans l’évolution d’un genre de musique appelé néofolk à travers l’Europe. Douglas Pearce joue régulièrement en concert avec des artistes qui sont considérés comme faisant partie de ce genre, et certains sont parfois invités sur les albums de Death in June.
Douglas Pearce a exprimé son admiration pour les écrits de Friedrich Nietzsche ainsi que pour les mythes nordisques. Il a également maintes fois affirmé que les plus grandes inspirations dans sa vie sont venues de Yukio Mishima et Jean Genet.
Naturellement le fait que ces deux écrivains aient été homosexuels n'est pas "innocent" : Douglas Pearce n'a jamais caché son orientation sexuelle, et les aspects homoérotiques de la guerre, de la camaraderie, de l'uniforme, ont toujours été avoués et mis en avant par l'artiste ; bien plus que de quelconques idéaux politiques, n'en déplaisent aux détracteurs de Death in June, comme à certains de ses fans...
D.Pearce, cite régulièrement comme faisant partie de ces influences de jeunesse, les groupes Love, The Byrds et il est indéniable que l'influence de Joy Division est en grande partie responsable du style du groupe à son début( Joy Division jouant aussi sur les symboles et les références au régime Nazi, ce qui avait été également reproché, a tort, au groupe).
Death in June a, depuis sa création, utilisé une variation de la Totenkopf ou Death's Head comme insigne. Douglas P. aurait plusieurs fois déclaré que l’utilisation de ce symbole n’était aucunement une apologie des atrocités commises dans les camps d’extermination nazis. Quoi qu’il en soit, l’utilisation de ce symbole, rempli d’associations négatives, possède un sens tout à fait personnel, comme chacun des aspects de Death in June, qui a démontré une appréciation pour une certaine auto-discipline et le rôle primordial de l’esthétique. Un grand souci a toujours été donné au packaging des albums de telle manière que chaque disque est autant un objet d’art que son contenu. Nombre d’entre eux ont été édités à des pressages très limités, gravés de messages ésotériques et symboliques, et distibués à un public réduit dans différents milieux undergrounds. Cette pratique a assuré à Death in June un public substantiel dans le monde entier. Et d’un autre côté, ses disques les plus rares sont vendus à des prix parfois excessivement élevés aux collectionneurs et aux fans.
Les origines du nom
Beaucoup de choses ont été dites sur les origines du nom “Death in June”. Il est communément accepté comme une allusion à la Nuit des longs couteaux du 29 au 30 juin 1934, où les SA furent « purgés » par le régime nazi. De son côté, Douglas P répond avoir entendu quelque chose de travers et qu’il avait compris comme étant « Death in June ». Le nom n’exprimerait pas, selon Douglas P, une seule et unique idée, bien au contraire, ce nom multifacettes restant ouvert à toutes interprétations. Beaucoup cependant accusent Death in June d’être néo-nazi, fasciste, et raciste, voire parfois homophobe. Il est vrai que Death in June se retrouve souvent dans des situations qui le lient à la période nazie et l'on peut se demander par la fréquence de ces incidents, si ces incidents en sont bien.
Cependant, il est à noter que Douglas Pearce en personne est homosexuel, et qu'il joue souvent en Israël, comme le montre la présence des deux drapeaux (celui d'Israël et le Gay Flag) sur le site officiel de Death in June. On peut ainsi comprendre que Death in June joue en réalité sur l'apparence et la provocation, à travers une certaine esthétique controversée.
La discographie est vraiment importante pour que je la mette ici, mais vous la trouvez sur l'article de
wikipédia d'où vient l'article ci-dessus d'ailleurs.
Vidéo de leur dernier concert à Brest, en 2005
Rose clouds of holocaust