Marrant, j'en fais aussi des comme ça

J'aime bien le tiens
Décrire et écrireDécrire et écrire, des mots au stylo, à la plume et au pinceau, qui se suivent, mines de rien et mines de graphite, pour former quelque chose, pour exprimer, pour rêver… Et ces mots, ils veulent rien dire, parfois, si, ils disent tous, ils dénoncent, ils montrent.
Il faut savoir regarder, il faut savoir lire, mais pas comme on apprend à l’école. Il faut laisser les mots s’envoler, ne pas leur attacher un sens, ils doivent être des papillons, qui se posent sur le cœur. Car lire avec le cœur, on apprend pas à le faire avec la maitresse, on apprend tout seul, parce qu’on aime les papillons.
Les mots, sur le papier au grain plus ou moins épais, écrits en lettres d’imprimeries ou en pattes de mouches, attachés ou bâtons, ils sont sauvages. Il faut les apprivoiser. S’approcher doucement et sans faire de bruit. Ne pas penser à autre chose. Attendre. Parfois très longtemps, mais que la récompense est douce… Dans nos bras, ils se réfugient, ils sont doux et chauds, froids et dur, vivants. Ils se laissent caresser et nous réconfortent.
Quand le lien de confiance est bien fort, ils aiment à ce que nous les employons, pour à notre tour écrire. Il n’est rien de plus beau que de saisir un crayon de papier et d’inscrire soigneusement et proprement, pour la première fois, un mot que l’on aime, que l’on a attendu avec patience.
Si nous n’avions pas assez patienté, pas assez approfondi le rapport avec le mot, nous ne l’aurions pas assez connu. Plein de fautes d’orthographe, utilisé en non-sens, il n’aurait pas été celui que nous attendions.
Mais le mot apprivoisé à toujours besoin de liberté. Il ne faut pas chercher à le garder intact, pur et carré, il doit pouvoir vivre comme il l’entend.
Les mots qui ne veulent rien dire ne sont que des mots qui retournent leur sens et veulent bouleverser. Ils ont été très proche de quelqu’un qui veut les laisser demeurer beaux et changeant. Ils ont été très proche de quelqu’un qui n’avait pas assez apprivoisé de mots pour pouvoir dire ce qu’il ressentait. Ils ont été très proches de quelqu’un qui voulait aller au fond des choses. Ils ont été très proche de quelqu’un qui voulait comprendre l’essence de leurs sens.
Ils ont été très proche de quelqu’un qui avait des papillons dans la tête, et qui regardait, béat, leur vol magnifique, qui dansait avec eux et qui rêvait d’en devenir un. Ils ont rempli cette personne de joie, et puis ils se sont couchés, dans un coin, en attendant qu’ils aient à nouveau envie, que quelqu’un les appelle. Et ils se sont rendormis.
Tant que quelqu’un n’aura pas lu ces mots avec son cœur, ils resteront en sommeil, ils attendront.
Tant que, encore une fois, quelqu’un ne cherchera pas à les apprivoiser, ils seront calmes, ils vivront leur vie, ils seront libres.
Je veux écrireJe veux écrire. Je ne sais pas, c’est une envie qui me vient, comme ça, comme d’autres ont envie de fumer, comme d’autres ont faim. Moi, comme je mange assez pour être rassasiée, comme l’odeur des cigarettes me rebute, c’est l’envie d’écrire. Pourquoi ? Peut-être parce que je ne peux pas parler, parce qu’aligner des lettres, puis des mots, les agencer en phrases, en paragraphes, en chapitres… est plus facile sur une feuille. Ou parce que l’on va plus facilement au fond des choses en écrivant. On voit que ce que l’on dit est futile par rapport à ce que l’on écrit. On peut cibler. Et surtout, on peut tout effacer et recommencer. Je crois que c’est ça qui m’intéresse vraiment. Pouvoir se relire et corriger. Laisser une trace. Rester anonyme. Qui me reconnaitrait derrière cette barrière de mots ? Ecrire est pour moi une expérience étrange, qui diffère à chaque nouveau texte. J’attends longtemps avant de m’y mettre, je réfléchis. Souvent, c’est à force de penser à quelque chose et de remuer des mots dans ma tête qu’écrire devient un besoin. Il faut que je laisse s’écouler mes pensées noires sur une feuille, que l’encre bleue ou le graphite recouvre le blanc du papier, comme le sang fuserait d’une plaie et recouvrirait le sol. C’est là que l’on voit que ce que l’on dit, ce que l’on pense, ne vaut pas grand-chose par rapport à ce que l’on écrit. Il faut soigner son expression, éviter les répétitions, faire attention à la ponctuation, et même les allitérations et les consonances sont parfois mal acceptées. Les paroles s’envolent, les écrits restent. On retient d’un discours le thème, la thèse et une impression de bien ou de mal. On peut relire un texte. On peut l’apprendre par cœur. Et lorsque l’on a un doute, on peut vérifier. A l’oral, à moins d’avoir enregistré, on ne peut pas se souvenir de tout, on ne peut pas tout retranscrire. En plus, il m’est personnellement difficile de m’exprimer à l’oral. Si j’avais voulu dire ce que je suis en train d’écrire, je n’aurais pas réussi. Et puis, on m’aurait jugée sur mes paroles. Alors qu’avec un texte, je choisis en quelque sorte mon public, ceux qui peuvent me lire. C’est une grande différence. Parce que, à part ceux qui ont aussi un besoin de dire des choses, peu de gens peuvent vraiment comprendre les raisons qui poussent à écrire, à dire des choses qui paraissent étranges. Il est dur de comprendre, il faut une bonne dose de tolérance, et malheureusement, peu de gens en ont assez pour accepter les paroles. Écrire est pour moi un soulagement, cela me calme, me permet de me concentrer. Et cela, c’est déjà énorme.
Un peu dense le deuxième désolée...
