Nous sommes le 24 Mai 2012, 22:28
Voir les messages sans réponses | Voir les sujets actifs Voir les nouveaux messages | Marquer tous les forums comme lus

Le courant romantique....et ses ecrivains.

Tout l'art de la plume...

Le courant romantique....et ses ecrivains.

Messagepar Gilthoniel » 17 Fév 2008, 04:00

Le héros romantique est souvent un paria, un déclassé, un ancien forçat comme Jean Valjean ou Vautrin, un poète incompris comme Chatterton, un être entraîné par un destin aveugle ( "Je suis une force qui va", dit Hernani), un monstre comme Quasimodo, aux prises avec une société qui l'exclut, avec un amour inaccessible ( ''ver de terre amoureux d'une étoile'' ), un barbare comme Han d'lslande qui "boit l'eau des mers dans le crâne des morts''.

Rechercher au-delà du réel en amènera certains au mysticisme, au spiritisme, à la folie comme Nerval, ou, comme d'autres, à l'action révolutionnaire, à l'ultra-royalisme, ou aux utopies de ce temps, Saint-Simonisme, Fouriérisme.

Le désenchantement devant l'étroitesse de 1a réalité amène à la dépasser par le rêve, l'évasion ou la révolte. Ils rêvent à des époques mieux en harmonie avec leur énergie, époques héroïques où la passion peut se livrer à tous les excès. Tandis qu’au XVIII ème siècle la peinture de la nature est purement descriptive , statique et maîtrisée par la raison, les romantiques lui apporteront leur propre sensibilité , l’imprégneront de leur nostalgie, et parfois de leur désarroi devant l’immensité des éléments

La quête d’un absolu : l’homme est avant tout une âme, d’où la faculté de choisir le Bien contre le Mal, l’Esprit contre la Matière.

Complaisance à la mélancolie : l’homme est voué à la souffrance. Le romantique finit par s’enfermer dans la tristesse dont il semble avoir besoin !
La présence de tombes invite à la méditation.

Dans le romantisme vit un sentiment de révolte : révolte métaphysique aussi bien que révolte sociale et politique , le romantisme a parti liée avec la révolution :

l’insatisfaction de l’individu pour ce qui est , son ennui au sein de l’ordre établi, son élan vers le divin, vers l’infini, ou simplement vers autre chose, se matérialise enfin

Le nom de romantique a été introduit nouvellement en Allemagne, pour désigner la poésie dont les chants des troubadours ont été l'origine, celle qui est née de la chevalerie et du christianisme. Si l'on n'admet pas que le paganisme et le christianisme, le Nord et le Midi, l'Antiquité et le Moyen Age, la chevalerie et les institutions grecques et romaines, se sont partagé l'empire de la littérature, l'on ne parviendra jamais à juger sous un point de vue philosophique le goût antique et le goût moderne.

La poésie classique doit passer par les souvenirs du paganisme pour arriver jusqu'à nous : la poésie des Germains est l'ère chrétienne des beaux-arts : elle se sert de nos impressions personnelles pour nous émouvoir : le génie qui l'inspire s'adresse immédiatement à notre cœur, et semble évoquer notre vie elle-même comme un fantôme, le plus puissant et le plus terrible de tous.

De grand thème lyrique plus inépuisable que le sentiment de la Nature chez les Romantiques : elle est leur confidente et leur refuge, le livre ouvert aussi sur l'âme du Monde, une cathédrale cosmique d'où s'élèvent leurs plus ferventes prières. De nouveaux lieux guident ainsi leurs pas, solitaires ou grandioses, humbles ou exotiques : forêts, montagnes, rivages secrets des lacs ou tumultueux de l'océan. A cet hymne incessamment renouvelé s'allie une conception de l'Amour et de la Femme qui, d'Atala à Aurélia, donne au Romantisme sa morale : si la Nature est inséparable de la passion amoureuse, c'est que l'une et l'autre incarnent la chance d'une véritable rédemption.


Petit extrait du texte La Maison du Berger ecrit enb1844 par Alfred de Vigny (1797-1863)


[/quote] Si ton cœur, gémissant du poids de notre vie,
Se traîne et se débat comme un aigle blessé,
Portant comme le mien, sur son aile asservie,
Tout un monde fatal, écrasant et glacé;
S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle,
S'il ne voit plus l'amour, son étoile fidèle,
Eclairer pour lui seul l'horizon effacé;

Si ton âme enchaînée, ainsi que l'est mon âme,
Lasse de son boulet et de son pain amer,
Sur sa galère en deuil laisse tomber la rame,
Penche sa tête pâle et pleure sur la mer,
Et, cherchant dans les flots une route inconnue,
Y voit, en frissonnant, sur son épaule nue
La lettre sociale écrite avec le fer;

Si ton corps frémissant des passions secrètes,
S'indigne des regards, timide et palpitant ;
S'il cherche à sa beauté de profondes retraites
Pour la mieux dérober au profane insultant;
Si ta lèvre se sèche au poison des mensonges,
Si ton beau front rougit de passer dans les songes
D'un impur inconnu qui te voit et t'entend,

Pars courageusement, laisse toutes les villes ;
Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin
Du haut de nos pensers vois les cités serviles
Comme les rocs fatals de l'esclavage humain.
Les grands bois et les champs sont de vastes asiles,
Libres comme la mer autour des sombres îles.
Marche à travers les champs une fleur à la main.
La Nature t'attend dans un silence austère ;
L'herbe élève à tes pieds son nuage des soirs,
Et le soupir d'adieu du soleil à la terre
Balance les beaux lys comme des encensoirs.
La forêt a voilé ses colonnes profondes,
La montagne se cache, et sur les pâles ondes
Le saule a suspendu ses chastes reposoirs.

Le crépuscule ami s'endort dans la vallée,
Sur l'herbe d'émeraude et sur l'or du gazon,
Sous les timides joncs de la source isolée
Et sous le bois rêveur qui tremble à l'horizon,
Se balance en fuyant dans les grappes sauvages,
Jette son manteau gris sur le bord des rivages,
Et des fleurs de la nuit entrouvre la prison.

Il est sur ma montagne une épaisse bruyère
Où les pas du chasseur ont peine à se plonger,
Qui plus haut que nos fronts lève sa tête altière,
Et garde dans la nuit le pâtre et l'étranger.
Viens y cacher l'amour et ta divine faute;
Si l'herbe est agitée ou n'est pas assez haute,
J'y roulerai pour toi la Maison du Berger.

Elle va doucement avec ses quatre roues,
Son toit n'est pas plus haut que ton front et tes yeux
La couleur du corail et celle de tes joues
Teignent le char nocturne et ses muets essieux.
Le seuil est parfumé, l'alcôve est large et sombre,
Et là, parmi les fleurs, nous trouverons dans l'ombre,
Pour nos cheveux unis, un lit silencieux.

Quelques auteurs du corant romantique que l'on pourrait citer sont parmis d'autre :

BALZAC : 1799-1850 - Auteur de la Comedie Humaine;titre d'une oeuvre rassemblant 95 romans ou nouvelles formant une fresque de la societe française de la Revolution à la fin de la monarchie de Juillet. La conviction que la pensée, le désir, la passion consument l'énergie humaine lui fournissent des cles pour interpreter le fonctionnement d'une societé qu'il observe avec une cruelle lucidité

CHATEAUBRIAND 1768-1848 - Ecrivain engagé dans son temps, il regroupe autour de lui la jeunesse romantique fascinée par ses romans, et connait un destin exceptionnel qu'il orchestre avec génie dans les ” Memoires d'Outre Tombe”. Il a porté la musique de la prose française à son point de perfection.

DESBORDES VALMORE: Poete maudit et femme malheureuse, éprouvée par des deuils familiaux, un des maitres du genres intime.

DUMAS Pere /Auteur de romans universellement connus , fut aussi un grand dramaturge, rival de Victor Hugo.

GAUTIER Theophile / 1811-1862 :Partisan du romantisme lors de la bataille d'Hernani, dedicataire des Fleurs du mal de Baudelaire,, chroniqueur dramatique et des recits de voyage, critique d'art et defenseur en poesie de ” l'art pour l'art”.

HUGO Victor : 1802-1885 Il est l'animateur de la révolte romantique contre le classicisme. Avec Hernani et le scandale qui s'en est suivi, Hugo domine la création dramatique romantique, il mène une vie politique qui culmine avec son élection comme député de Paris , puis s'exile à Bruxelles, à Jersey, et à Guernesy . Les honneurs, la gloire précoce et les malheurs ne l'empechent pas d'accomplir une oeuvre considérable de poetes ( les Contemplations, ) dramaturge(Ruy Blas) et romancier ( Les miserables) qui reflètent sa puissance d'inspiration et son optimisme généreux.

LAMARTINE - un recueil poetique, ” Meditations” fait de lui le maitre de la jeune génération romantique. Engagé dans une carriere politique, il connait un cuisant échec à l'election présidentielle de l'automne, il quitte la vie publique après le 2 sdecembre 1852 et termine sa vie dans la gene…


Bon voila pour l'instant, j'ai pas mal d'oublie mais il se fait tard et je vais bientot aller dormir....
Gilthoniel

Messagepar Vespertine » 22 Mar 2008, 22:05

Et Stendhal (pour le rouge et le noir)
puis Goethe (pour les souffrances du jeunes Werther)
Vespertine
Femme
Avatar de l’utilisateur

373 Messages

Messagepar nath » 23 Mar 2008, 02:21

Et Baudelaire ? Et Thiéfaine ?
:arrow:
nath
Avatar de l’utilisateur

672 Messages

Messagepar Rosiel » 23 Mar 2008, 07:39

Et Nodier... ?
De toute manière ils sont tellement nombreux, c'est aussi ce qui fait leur richesse et leur diversité
(et la chance que l'on puisse avoir tant de belles oeuvres à lire)
Rosiel
Avatar de l’utilisateur

13 Messages

Messagepar Gothikia » 06 Déc 2008, 22:05

Dans les auteurs romantique j'ai une préférence pour Théophile Gautier pour "La Morte Amoureuse" et Baudelaire pour "Les Fleurs du Mal" !
Gothikia
Avatar de l’utilisateur

123 Messages

Messagepar Phileas Salamandre » 28 Déc 2008, 21:02

héhé, pour ceux qui aiment baudelaire, il n'est pas classé romantique. Pour son époque (ce qui est stupide, il y a des romantiques à toutes époques), et parce que ça touche le symbolisme.

Même si pour moi, les trois quart des fleurs du mal sont franchement romantiques.
Phileas Salamandre
89 Messages

Messagepar tarjanange » 14 Jan 2009, 00:33

nerval et baudelaire en force

nerval ""je suis le veuf , l'inconsolable ........le prince d'aquitaine à la tour abolie "^^

j'aime baudelaire et il est classé littérairement dans les romantiques du point de vue de ses influences seulement au niveau de son style on l'approche du réalisme par ses descriptions du corps , du rapport charnel et de sa manière d'écrire assez descritive ..cependant il ets bien classé par les éditeurs et l'académie française dans els écrivais romantiques meme si c'est du post romantique où le sprémices du réalisme

et pour tous les amateurs de ce grand auteur je conseille ses critiques d'art sur les sallons de peinture de son temps ^^ c'est excellent
tarjanange
81 Messages

Messagepar Grenat » 14 Jan 2009, 10:58

J'adore Gautier et Goethe, par contre je déteste Stendhal (je n'ai jamais rien lu de plus ennuyeux que Le Rouge et le Noir).
Grenat

Messagepar Zarathoustra » 23 Jan 2009, 07:44

Femme de peu de goût.

Pour toucher encore un peu plus le romantisme, il est intéressant de lire, si ce n'est tous au moins quelques uns des échanges épistolaires entre Frederic Chopin et Alfred De Musset.
Dernière édition par Zarathoustra le 23 Jan 2009, 16:28, édité 1 fois.
Zarathoustra

Messagepar Moustique » 23 Jan 2009, 14:18

Zarathoustra, une petite présentation de ta part, dans la section appropriée serait bien sympathique !
Moustique

Messagepar Arindal » 07 Mai 2009, 07:14

J'adore Nerval et Villiers de l'Isle Adam

Jean-Paul Bourre qui est un spécialiste du romantisme noir (et d'une certaine mouvance ésotérique) a écrit un livre sur chacun d'eux et franchement ! chapeau !

Sinon pour Villiers de L'Isle-Adam, je vous conseille les "Contes Cruels" il est intéressant de lire aussi dans un autre genre "lLs Diaboliques "de Barbey d'Aurevilly
Arindal
Homme
Avatar de l’utilisateur

406 Messages

Messagepar Vladimir Debutcheroß » 08 Mai 2009, 16:33

Attention, Baudelaire n'est absolument pas considéré comme un romantique! Bien au contraire, il fait partit, avec Rimbaud, de ceux qui ont justement cherché a renouveler la poésie romantique, pour que "le beau cotoie le mal" comme il l'a dit lui-même.

Sinon j'aime beaucoup Lamartine dans les auteurs romantiques. Pour ceux qui ne l'ont pas lu, le recueuil "Les méditations poétiques" est une pure merveille !
Vladimir Debutcheroß
Homme, 19 ans
Avatar de l’utilisateur

405 Messages

Messagepar Kuza » 08 Mai 2009, 17:57

Chateaubriand, Gautier et Stendhal sont des auteurs que j'apprécie beaucoup (particulièrement Chateaubriand). Balzac, ça passe moins bien.
Kuza
Avatar de l’utilisateur

214 Messages

Re: Le courant romantique....et ses ecrivains.

Messagepar CELINA » 31 Aoû 2009, 12:08

Ah les souffrances du jeune Werther, c'est vraiment le mec qui souffre et qui aime ça par excellence ! J'adore Goeth ! Rien que son nom je le trouve étrange et mystérieux ! Chateaubriand, il faut vraiment que j'achète ses mémoires, depuis le temps ! Par contre Gauthier je n'ai jamais lu ! Quelqu'un a t-il un exemple de livre à donner ?
CELINA
132 Messages


Retourner vers Littérature, théâtre et poésie

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités