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Brouillard

Vos textes, vos tableaux, vos dessins ou encore vos retouches assistés par ordinateur ?

Brouillard

Messagepar Scarhatred » 19 Fév 2007, 11:50

Voici un texte que j'ai écris ce week end, désolée s'ils vous semblent un peu long. Je pense que si vous prenez la peine de le lire, qu'il serait bon que vous respectiez la ponctuation, que vous ne le lisiez pas à la va-vite si je puis dire.

Brouillard

Tu avanceras dans le brouillard de Normandie. Tu avanceras, il te prendra et t’avalera. Demain ton cadavre gelé accroché aux gerbes de blés et à la merci de la vermine, ornera le champs dans lequel le brouillard s’est levé. Quelle sera la réaction de ta femme ? Serait-ce l’inquiétude ou la colère qui la prendra quand elle constatera que tu ne rentres pas ? Tu lui as dis que tu allais faire un tour. Tu es sorti de la maison avec ta bouteille de vin. Tu as claqué la porte avec toute la force que l’alcool te laissait encore. Quelque part dans la maison, ton enfant à pleurer. Ta femme n’a pas essayé de te retenir. Elle a peur des coups, elle t’a laissé partir. Puis, au loin la brume est apparue. Immobile. Ton enfant à recommencer à pleurer. Ta femme le prend dans ses bras. Elle lui chante une berceuse pour apaiser autant sa peine que celle de son bébé. C’est un bel enfant, un peu dodu, les joues rondes. Il représente la réussite dans ta maison d’échec. Au loin. Toujours le brouillard. Immobile. L’enfant ne pleure plus. Il ouvre de grands yeux ronds, tellement rond que ta femme se retourne pour voir ce qui semble l’effrayer à ce point. Mais la pièce est vide. Tellement vide. C’est peut-etre ça qui l’effraye. Le vide, le nu, le néant, l’abscence. Et toi que fais-tu ? Tu marches, hagard, titubant. Saoul. Mais ce n’est pas grave, ce n’est pas la première fois. Pourquoi bois-tu ? Pour oublier une vie que tu pouvais contribuer à rendre agréable ? Pour oublier les malheurs qui t’accablent ? Mais tu n’as rien fait pour les éviter. Regarde. Ton enfant pleure. Tu bois. Au fond ce n’est pas grave. Ca arrive à tout le monde de boire un peu trop. Et puis l’ivresse c’est agréable. Tu te sens tituber mais porter par une force magique. Le monde paraît tellement différent sous l’ivresse. C’est un peu comme quand les hippies fumaient pour laisser exprimer leurs fibres artistiques. Mais la construction d’une vie, n’est-elle pas une œuvre d’art ? Pouvoir modeler, façonner une vie selon ses désirs, cela ne se rapproche-t-il pas du sculpteur tentant de tailler dans la pierre, l’image qu’il a dans la tête ? Tu le sais, parfois il suffit de peu. Il suffit que le pic s’échappe de la main du sculpteur pour qu’il fasse une entaille qui n’avait pas lieu d’etre sur la pierre. La sculpture n’est plus alors exactement conforme au désir que l’artiste avait de son œuvre. Tu trouves qu’il y a trop d’entailles sur ton œuvre ? Essayes-tu au moins de rendre ta main ferme ? Et, est-ce une raison pour assemer à ton œuvre de nouvelles entailles qui auraient largement pu etre éviter ? Il fait froid, il fait nuit. Chez toi, le feu s’est éteint. Ta femme n’a pas eu le courage de s’en occuper. Il fait froid, alors elle couvre ton enfant. Peu importe qu’elle grelotte, elle se doit de s’occuper de celui qu’elle a mis au monde. Peu importe elle aussi que son œuvre ne soit pas à la hauteur de son souhait. Peu importe, car l’enfant, ton enfant recommence à pleurer. Ta femme. Elle va chercher du bois. Ton enfant s’endort. Inquiétude. Colère. Inquiétude surtout. La nuit est tombée depuis longtemps. Le brouillard s’est levé. Mais toi tu n’as pas froid. Non l’alcool, cela réchauffe. Tu n’as pas peur non plus. L’ivresse tu connais, le chemin du retour aussi. Tu le connais tellement bien que tu pourrais le parcourir les yeux fermés. Les voitures. Elles sont rares, elles aussi tu les connais. Enfin, tu connais leurs bruits. Tu sais quand elles approchent et que tu dois faire un écart pour ne pas les percuter. Tu connais, et reconnais meme leurs bruits quand tu es sous l’ivresse. Et puis c’est toujours comme ça. C’est toujours comme ça dans les films et dans les livres. Il suffit d’un excés, d’une gorgée de plus d’alcool et quand la voiture arrive, cette fois on la percute. Mais toi, tu vois la vie a pitié de toi. Tu as avalé une nouvelle gorgée, la voiture est arrivée. Evidement tu ne l’as pas entendu, et elle t’as simplement frolé. Elle aurait pu te percuter, te renverser, ta tete aurait pu heurter le trottoir, ton cœur aurait pu s’arréter de battre. Peut-etre est-ce au fond ce que tu voulais ? Peut-etre que tu voulais mourir ? Mais meme là tu es naif. En effet la voiture aurait pu te percuter, te renverser et tu serais resté paralysé. Mais peut-etre qu’au fond c’est aussi ce que tu cherchais ? Peut-etre chechais-tu à savoir que tout peut aller encore plus mal. Peut-etre cherchais-tu simplement à défier la vie et à savoir si elle valait encore la peine d’être vécu. Alors tu vois la voiture n’a fait que te froler. A peine l’as-tu remarqué. Chez toi tout est calme, l’enfant fatigué s’est endormi, ta femme exténuée somnole doucement. Ce n’est pas la première fois que pareille scène se produit. Quand elle y pense, ta femme se dit que ce ne sera pas la dernière. Pendant qu’elle somnole des images traversent son esprit. Elle voit une maison de bois, un petit jardin er un enfant qui joue gaiement à la balle. Elle voit une vieille femme assise à une chaise et un vieillard qui bricole ; puis arrive un couple. L’homme est beau, la femme aussi mais surtout ils semblent heureux, et là l’homme s’avance vers la vieille et lui dit : merci maman de t’occuper avec autant d’amour de ton petit-fils ainsi que tu l’as fait avec moi. Puis la vision se brouille. Le jardin disparaît, le couple aussi. Le vieux boit. La veille aussi est encore là, elle se lève et pleure devant une croix, elle se souvient alors d’un hivers, d’un hivers pas si rude que cela mais où le froid et la folie lui ont fait perdre son enfant. Et voilà que dans son sommeille, ta femme pleure. Elle ne s’en rend pas compte mais les larmes ruissellent sur ses joues. Quand la vision arrive au moment de la croix, un cri ne peut s’empécher de jaillir, la réveillant. Pareil reve s’est déjà produit, alors pourquoi a-t-elle la sensation que ce reve est le dernier ? Tu n’as jamais demandé à ta femme si elle revait, ou alors c’était il y a bien longtemps, à l’époque où vous vous sentiez amoureux. Aujourd’hui peu t’importe ce dont reve ta femme du moment qu’elle te laisse lui faire l’amour. Il est surprenant de voir à quel point cette époque te semble lointaine. Belle époque. Lointaine. Tu arrives au bout de la route, là où le champ commence. Pauvre fou que tu es, tu avances. Malgrè le brouillard qui s’est levé. Dans son berceau, l’enfant à cesser de respirer. Tu ne penses plus à rien, l’ivresse t’as tout fait oublier, meme le bruit des voitures. Un cri. La folie. Tu t’endors enfin, dans le champ en friche.

Le brouillard ne se dissipa que 3 jours plus tard. De cette famille on n’entendit plus parler. La porte de la maison, close, le resta. Les villageois pensèrent qu’ils étaient partis, puis ils oublièrent l’existence de cette famille qui leur semblait un peu bizare quand meme.
Personne ne vint réclamer la propriété du champ, alors on le laissa et la nature y reprit ses droits. Tout simplement, mais ce n’est pas grave.

17/02/07
Scarhatred

Messagepar blackwoolf » 19 Fév 2007, 12:00

*fleme* ca a l'air bien^^
blackwoolf
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824 Messages

Messagepar Scarhatred » 19 Fév 2007, 12:02

normalement il y a aussi quelques fautes d'orthographes que j'ai eu la flemme de corriger (déjà taper tout ça ça prend un temps fou :S)
Scarhatred

Messagepar Ange_2_tenebre » 19 Fév 2007, 17:43

Original :)
Sur ce, je ne pense pas que tu fasse autend de fautes d'orthographe que moi :cry:
Ange_2_tenebre
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446 Messages

Messagepar Tygra » 19 Fév 2007, 18:33

Il y a beaucoup de fautes mais en un tournemain ce peut être reglé ^ ^ J'aime beaucoup. C'est très profond et en même temps poignant.
Tygra

Messagepar Scarhatred » 21 Fév 2007, 19:42

Je tiens à préciser que je n'ai voulu en aucune façon faire un texte sur l'alcoolisme, la première phrase du texte était en fait un pseudo que j'utilise sur msn, et petit à petit je suis partis dans mon délire.

Une question: avez-vous en lisant vu des images vous parcourir la tête? je veux dire un peu comme à la manière d'un film? parce que mon but en écrivant ceci était davantage de créer une certaine atmosphère, que de raconter une véritable histoire.
Scarhatred

Messagepar ghost74 » 21 Fév 2007, 20:15

géniale! il est vraiment magnifique ton texte
ghost74
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Messagepar Troubadour Du Chaos » 21 Fév 2007, 20:18

Tu m'as devancé... moi aussi comme je suis un poète j'avais écrit une zolie poésie qui s'appellait "brouillard"

Je suis dans l'brouillard
J'ai trop bu hier soir
Je suis dans l'coltard
J'vais vite au plumard

La classe, non? 8)
Troubadour Du Chaos
33 ans
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Messagepar ghost74 » 21 Fév 2007, 20:19

trouba: XD j'avoue que c'est trop la classe t'en as d'autres
ghost74
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2575 Messages

Messagepar Scarhatred » 21 Fév 2007, 21:00

Ben, c'est un peu le pourquoi du fait que j'ai choisi ce texte aussi, à la base je pensais au brouillard normal, puis je me suis dis, que ce mot pouvait aussi faire référence à quand on a trop bu (oui oui ça m'est déjà arrivé :oops: )
Scarhatred


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